
Histoire du Cutty Sark
Cutty Sark, une extraordinaire histoire
Tous ceux qui aiment la marine et les vieux gréements ont eu un choc en apprenant le 21 Mai 2007 que le CUTTY SARK fleuron et orgueil de la marine anglaise, presque au même titre que le VICTORY de l'Amiral NELSON, était en flamme, entièrement embrasé dans sa cale sèche de Greenwich près du National Maritime Museum et du méridien du même nom.

Est-ce un sabotage, ou bien une imprudence pendant de très importants travaux ? On ne le sait pas encore. Cependant on peut compter que Scotland Yard qui a des dents aussi tenaces que celles d'un pitbull ne lâchera rien.
C'est que le CUTTY SARK n'est pas un navire comme les autres. Certes il est Anglais mais il est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Il est en effet le seul survivant de l'immense flotte mondiale des clippers qui franchissaient le Cap Horn avant l'ouverture des grands canaux maritimes. A ce titre il représente tous les marins qui ont lutté, souffert et ont parfois vu leur vie se terminer dans ces parages inhospitaliers après des efforts surhumains.
Bien sur il nous reste le BELEM dont nous sommes très fiers et il reste aussi d'autres navires étrangers dont ceux de la célèbre série des P de l'armement Allemand Laiez mais le CUTTY SARK leur est antérieur. De plus il a été célèbre dès ses premiers voyages et tout au long de sa très longue carrière. C'est pourquoi il a été sauvé et conservé après des péripéties rocambolesques comme toute son histoire.
Tout d'abord son nom est déjà une légende. D'aucuns pourraient croire que c'est une marque d'un très bon whisky qui l'a sponsorisé. C'est exactement le contraire. Le whisky a pris le nom du navire. Dans cette Écosse mystérieuse où les châteaux regorgent de fantômes et les lacs de monstres, les cerveaux sont autant embrumés par les éthers du whisky que l'atmosphère l'est par la météo. Le poète Robert Burns avait écrit un poème sur Tom o'Shanter, un pauvre villageois éméché, rentrant tard chez lui sur sa jument qui connaissait heureusement le chemin. Passant près d'un cimetière il avait entendu du bruit et vu un groupe de sorcières menant ce qu'on appelle une sarabande. Il avait assisté au passionnant spectacle et remarqué une jeune et jolie sorcière vêtue d'une courte chemise et qui dansait remarquablement. Il n'avait pu s'empêcher de la féliciter en criant « bravo cutty sark ». (cela signifie sarrau ou chemise coupée courte) aujourd'hui, depuis Nabokov on dit Baby doll ou encore nuisette.
Les sorcières, fâchées d'être ainsi dérangées avaient couru vers lui. Effrayé il avait piqué des deux pour s'enfuir. Plus leste que les autres, la jeune sorcière appelée Nannie avait failli le rattraper mais n'avait pu saisir avec sa main gauche (la main du diable) que la queue de sa jument grise dont elle avait arrachée une touffe. Voici donc l'origine romanesque du nom.

La jument poursuivie et effarouchée
Cela a eu des incidences sur l'histoire du navire qui a hérité du nom de «CUTTY SARK». D'abord la figure de proue représente la jeune et jolie Nannie en chemisette, la main gauche tendue et entr'ouverte pour agripper la queue de la jument. Lorsque le navire rentrait dans un port les marins s'arrangeaient toujours pour insérer dans la main un bout d'étoupe ou de cordage peint en gris pour simuler les crins de la pauvre jument effrayée et éperonnée.

Esquisse de la figure de proue par l'architecte naval LINTON
La deuxième incidence découlant de cette histoire est celle de la girouette du navire. Les voiliers en ont besoin pour connaître l'incidence du vent sur les voiles. Evidemment il ne s'agit pas de la direction réelle du vent puisque le navire est déjà en mouvement mais de la composition qui applique sa force sur la voile. Au retour du 1er voyage l'Armateur Willis leur avait offert la fameuse girouette en forme de chemisette. Elle était évidemment devenue très célèbre du jour au lendemain. Dans les ports, les gens se déplaçaient pour venir la regarder. Cette girouette a eu aussi son histoire. Le navire avait démâté en 1916 dans les parages du dangereux Cap de Bonne Espérance. A l'origine ce cap avait été nommé le Cap des Tempêtes par le Portugais Barthélémy Diaz qui l'avait franchi le premier, puis pour Vasco de Gama, on l'avait rebaptisé Cap de Bonne Espérance pour ne pas décourager les actionnaires et leurs nécessaires investissements.

La fameuse girouette symbole du Cutty Sark
Un collectionneur avisé ou un marin astucieux avait subtilisé la girouette que l'on croyait engloutie à jamais dans le démâtage. Mais voilà que suite à une dénonciation lors d'une vente publique dans les années 1960, elle était réapparue à Londres et préempté par le musée maritime de Greenwich. Elle y est maintenant exposée.
La Cloche et sa "corde"
La construction de ce navire avait été confiée aux chantiers de Dumbarton en Écosse comme il se doit. Le lancement pour le compte de l'Armateur Jock Willis avait eu lieu le 22 Novembre 1869. C'était bien tard pour lancer un voilier alors que le Canal de Suez venait d'être inauguré seulement 5 jours plus tôt, le 17 Novembre 1869 par l'Impératrice Eugénie. En fait il s'agissait d'un acte de foi dans les petits voiliers bien toilés que l'Armateur voulait volontairement de taille modeste, de faible tonnage, le plus rapide du monde pour remporter la course du thé et des épices de Shanghaïe afin d'empocher les bénéfices du cours le plus haut à la bourse de Londres. Les dimensions du navire ne sont pas exceptionnelles avec 64.77m pour la coque seule et 85.40 avec son gréement et beaupré, large de 11 m il ne portait que 1542 tonnes de marchandises, c'est peu, mais c'était un sprinter de la mer. Le grand mat culminait à 46 m au dessus du pont. L'ensemble de sa voilure lui donnait une puissance équivalente a celle d'une machine de 3000 CV. C'est pourquoi aucun vapeur de son temps ne l'a jamais dépassé.
Quelle allure du Cutty Sark sous les allures portantes
Lors du retour de son 1er voyage, le Cutty Sark, était en compétition avec un autre fameux clipper Anglais, le Thermopylae. Le Cutty Sark avait pris dès le départ un net avantage lorsque dans les parages du Détroit de la Sonde entre Java et Sumatra il perdit son gouvernail. Loin de renoncer et de rallier Batavia ou Singapour, le Commandant entreprit de construire un autre gouvernail avec comme on dit « les moyens du bord ». Il n'y avait pas de plans comme aujourd'hui mais une maquette de chantier à l'échelle. Les charpentiers et les forgerons se mirent à l'ouvrage et construisirent un gouvernail identique et n'arrivèrent que 12 jours après le Thermopylae, ce qui était un authentique exploit.
Le navire avait été construit de la manière qu'on appelait « composite » à l'époque ou on commençait la construction de navires en fer, pas encore en acier. Les membrures étaient en fer et les bordages en bois, la carène, c'est-à-dire la coque immergée, doublée de feuilles de cuivre pour empêcher la végétation marine et les coquillages bernacles de s'y coller et d'y proliférer réduisant considérablement la vitesse parfois jusqu'à la moitié. C'était le handicap des navires en fer en eaux tropicales chaudes avant qu'on n'ait découvert les peintures antivégétatives, aujourd'hui tellement efficaces qu'elles sont interdites car elles tuent même les coquillages élevés dans les parcs avoisinants les ports de commerce et même les ports de plaisance. A l'époque. les navires en fer ne pouvaient pas bien fréquenter les ports exotiques pour de longs voyages car leur vitesse était quasiment divisée par deux en cas de long séjour dans les eaux chaudes de l'Asie. Par ailleurs ils étaient tributaires des dépôts de charbon apportés par les voiliers dans des ports comme Aden, Djibouti, Bombay, Singapour. Mais le progrès était inexorablement en route et les voiliers ont du abandonner la palpitante « course du thé » qui donnait lieu aux inévitables paris des bookmakers Londoniens.

Le Cutty Sark en compétition avec un vapeur
Pour nous Français, la mauvaise foi de la perfide Albion paraît être sans bornes. Elle ne s'exerce pourtant pas comme on le croît uniquement à notre encontre. Certains Anglais nostalgiques des voiliers prétendaient que les émanations du fer de la coque des vapeurs donnaient du goût au thé.
Concernant le transport du thé, c'était une marchandise ultra légère. Pour transporter un complet chargement de cette cargaison, les voiliers n'avaient pas suffisamment de stabilité, c'est à dire de poids en fond de cale. Aussi devaient-ils embarquer des gueuses de fonte en Angleterre pour lester les navires, soit aussi embarquer des galets en Chine. D'autres plus malins, à la place de galets, embarquaient de la porcelaine de Chine qu'ils revendaient en Europe.
Néanmoins à cause du Canal de Suez et de la vapeur, les voiliers perdirent donc ce juteux trafic. Ils se tournèrent vers le transport de la laine d'Australie ou de Nouvelle Zélande que les vapeurs ne pouvaient pas encore transporter car il n'y avait pas de dépôt de charbon pour assurer le voyage retour. Peut être bien que les voiliers avaient enfin compris qu'il leur fallait se réserver un certain trafic. De toute manière les voiliers ne se hasardaient pas à emprunter le Canal de Suez à cause de la Mer Rouge, étroite avec des récifs, de nombreuses iles et des vents inconstants. D'ailleurs le nom de Mer Rouge ne vient pas comme certains l'affirment d'algues rougeatres qui existent bel et bien mais parce que les premiers navigateurs Portugais avaient colorié cette mer en rouge sur tous leurs portulans (nom des anciennes cartes marines) pour signifier que c'était une mer dangereuse où on ne pouvait commercer puisque rien n'y poussait. Ils n'avaient pas prévu la découverte et l'importance primordiale du pétrole. De plus ils recommandaient de se défier des naturels comme c'était encore écrit il y a quelques années sur les cartes marines françaises du Service Hydrographique.

Portulan de 1505. La "Mer Rouge" ainsi que le Golfe Persique sont coloriés en rouge, autre manière de mettre un sens interdit aux voiliers de l'époque. Notez que la Mer Rouge et le Golfe Persique sont bien mal dessinés.
Pour le transport de la laine les voiliers faisaient le tour du monde en navigant la plupart du temps vent portant. Ils franchissaient le Cap de Bonne Espérance vers l'Australie ou la Nouvelle Zélande et continuaient vers le Cap Horn avant de remonter vers l'Europe. Ainsi ils ne peinaient pas beaucoup pour passer le Cap Horn ni les 40èmes rugissants.
Malgré sa renommée le CUTTY SARK a connu l'abandon. Il est devenu Portugais sous le nom de FEREIRRA mais les marins Lusitaniens qui connaissaient son histoire continuaient de l'appeler «pequigna camisola ».
Racheté par des Anglais il est devenu bateau-école et a fait son dernier voyage en 1938 avant d'être classé monument historique et conduit en 1954 à Greenwich pour être placé dans une cale sèche où plus de 14 millions de visiteurs ont vu ce monument.
Pourra-t-il être sauvé ? Il ne faut pas connaître les Anglais. Il le sera avec du temps et de l'argent.
Fort heureusement la mâture était déjà démontée pour les travaux, les bordés de pont également ainsi que le mobilier. Enfin il semble que la coque ait peu été affectée ni les éléments de décoration tels que la poupe et la proue avec leurs dorures. Seule la structure centrale aurait réellement souffert. Les Anglais craignaient que la structure centrale et les membrures métalliques aient travaillé sous l'effet de la chaleur et ne se soient déformées.
Durant l'Été 2008 il avait à Brest un rassemblement des grand voiliers mondiaux. De nombreux amateurs s'y sont rendus et même simplement des curieux, d'autres manifestations auront lieu ailleurs. Il y aura probablement une fondation pour la restauration du CUTTY SARK qui quémandera un jour votre aide. Ils ont besoin d'argent pour mener à bien ce travail. Soyez généreux. Merci pour le CUTTY SARK qui le mérite tant.

La poupe du Cutty Sark et ses belles dorures
Nouvelle écrite par Robert Larrose le 28 Septembre 2008


Congrès national de la Légion d'Honneur
La (SEMLH) Société d'Entraide des Membres de la Légion d'Honneur organise à NANTES les 2, 3 et 4 Juin 2008 son congrès national annuel.
Différentes manifestations et réceptions se tiendront au cours de ces journées, centrées autour de la Cité Internationale des Congrès et autres lieux prestigieux de notre ville, comme les Tables Mémoriales, une Réception à la Préfecture, un repas de Gala dans la Salle des Machines de la Nef des Anciens Chantiers Navals DUBIGEON devenue un haut lieu de la culture Nantaise.
Par ailleurs pendant les conférences tenues sous la Présidence du Grand Chancelier de l'Ordre, les épouses se distrairont avec des visites guidées en Ville, Cathédrale, Château, et dans les environs, vignoble du Muscadet de Sèvre et Maine pour les unes, et voyage en presqu'île Guérandaise pour les autres.
Le 4 Juin le cycle des conférences étant terminé, tous les congressistes voyageront vers le pays des marins, la Basse-Loire avec visite d'Escal'Atlantic dans la base Sous-Marine de Saint Nazaire. Mr Joël BATTEUX, Maire de Saint Nazaire nous offrira l'apéritif dans le salon du Normandie avant que nous nous dirigions vers Le Pouliguen pour prendre le repas de Midi dans un restaurant du port. Puis rejoignant Le Croisic par la Côte Sauvage nous visiterons le magnifique Océarium du Croisic. Un programme bien garni et varié.
Ce programme du 4 Juin est tellement semblable à celui de notre Congrès du Mérite Maritime 2007, tenu lui aussi à Nantes et dans sa région, avec un trés grand succès que j'ai réutilisé le texte et les images de l'an dernier en y ajoutant toutefois quelques évènement militaires et maritimes remarquables survenus dans ces lieux.
Certains les ont peut être oubliés ou peut être même les ignorent. Comme c'est tout à l'honneur de notre marine, de notre région et un hommage aux sacrifices de la population nazairienne je les ai ajoutés au programme touristique et descriptif de l'an dernier. Ce petit rafraîchissement de mémoire ne fera pas de mal, quelques uns pourront même en découvrir un peu.
Promenade en Loire Maritime et sur le littoral
La création du site de l'agglomération nantaise qui vous reçoit à l'occasion du Congrès 2008 de la SEMLH remonte aux temps les plus anciens puisqu'on y a découvert des traces de sites paléolithiques et néolithiques, des outils, des haches et des barques monoxyles.
L'installation de la population était favorisée par la confluence de quatre rivières se jetant dans la Loire à hauteur de NANTES.
Les nombreuses îles et les bacs facilitaient les traversées car les premiers ponts n'ont été construits que vers l'an 1100. Selon Ptolémée cette cité, se nommait déjà Condevicnum (le Port du Confluent) puis bien plus tard Portus Namnetum (Le Port des Namnètes) d'où découle l'actuel nom de NANTES.
L'installation de la population était favorisée par la confluence de quatre rivières se jetant dans la Loire à hauteur de NANTES.
Les nombreuses îles et les bacs facilitaient les traversées car les premiers ponts n'ont été construits que vers l'an 1100. Selon Ptolémée cette cité, se nommait déjà Condevicnum (le Port du Confluent) puis bien plus tard Portus Namnetum (Le Port des Namnètes) d'où découle l'actuel nom de NANTES.
Vue aérienne de l'île de Nantes et des quais historiques
L'essor de la ville s'est amplifié à l'age de bronze à cause de la proximité de mines d'étain et de fer nécessaires à la fabrication du bronze et l'installation de forges au bord de l'eau. Les marchandises étaient transportées par les navigateurs Ibères ou Ligures qui remontaient en Loire, si bien que par leur intermédiaire les Phéniciens commerçaient avec NANTES. Le navigateur Marseillais Pythéas sans y être jamais venu, connaissait déjà l'existence de cette Cité.
Conquise par les Romains la ville a souvent été attaquée, quelquefois prise et pillée par les Barbares, les Francs puis les Normands. Elle a connu les querelles Bretonnes, la convoitise des Anglais et des Français, la Ligue et les guerres de religion. L'Édit de Tolérance, plus connu sous le nom d'Édit de NANTES a été signé en 1598 dans les murs de son magnifique château qui étonnait Henri IV. Plus tard elle a victorieusement résisté aux assaillants Vendéens. C'est à Nantes, pays du Général Cambronne, et du Corsaire Cassard que s'est manifesté pour la première fois en France la résistance à l'occupant Allemand. La ville l'a payé par l'exécution de 50 Otages. Depuis le 11 Novembre 1941, comme l'île de Sein, Vassieu en Vercors, Grenoble et Paris, elle a été la première des 5 villes déclarées Compagnons de la Libération et titulaires de la Croix de Guerre.
Par ailleurs et toujours concernant l'histoire, Napoléon 1er, orfèvre en matière de stratégie militaire, disait que le destin de la République s'était joué sur l'Erdre, dans la nuit du 28 au 29 Juin 1793, grâce au courage de Meuris, chef d'une poignée de volontaires Nantais. En se portant à la rencontre des Blancs et en se sacrifiant jusqu'au dernier ils avaient retardé le franchissement de l'Erdre par le Généralissime Vendéen Cathelineau et rompu la conjonction coordonnée de l'attaque des 3 colonnes Vendéenne contre la ville.
La blessure à mort de Cathelineau avait fait le reste. La ville et le port auraient été pris. Avec un port de mer accessible aux Anglais pourvoyeurs de renforts et de matériel, pendant que la France qui avait décrété « la patrie en danger » était attaquée par l'Europe entière aux frontières de l'Est, la route de Paris par l'Ouest était grande ouverte.
La blessure à mort de Cathelineau avait fait le reste. La ville et le port auraient été pris. Avec un port de mer accessible aux Anglais pourvoyeurs de renforts et de matériel, pendant que la France qui avait décrété « la patrie en danger » était attaquée par l'Europe entière aux frontières de l'Est, la route de Paris par l'Ouest était grande ouverte.
La ville a une immense histoire maritime. Ses marins et ses navires ont répandu sa renommée autour du monde. Une nef à 3 mats, flottant sur une Loire verte, figure dans le blason de la ville et la traduction de sa devise latine est "Neptune favorise ceux qui osent".
Blason de Nantes
Ce passé maritime a marqué l'architecture. Il suffit de voir les monuments, les mascarons qui décorent les façades des beaux hôtels, maison d'Armateurs qui commerçaient avec le monde entier. Les meubles de port en bois précieux et la porcelaine de Chine, qui parfois servait de lest en fond de cale des voiliers au retour d'Asie, garnissent encore bien des demeures de leurs descendants.
Vous avez déjà visité le Château des Ducs de Bretagne qui vient d'être magnifiquement restauré après plusieurs années de travaux. Jusqu'au début des années 1900 un bras de Loire baignait encore les douves. Les gabarres s'amarraient sous les remparts. C'est d'ici que la Duchesse Anne est partie pour épouser successivement les deux Rois de France, Charles VIII et Louis XII. En effet depuis le désastreux divorce d'Aliénor d'Aquitaine, cause indirecte de la guerre de Cent Ans, les Rois de France harponnaient fermement les riches héritières. Même si les deux mariées claudiquaient un peu, l'amarrage de la Bretagne à la France était ensuite définitivement consacré par le mariage de la Reine Claude, fille d'Anne de Bretagne avec le flamboyant François 1er.
On peut aussi ajouter que comme l'écrivait Mme de Sévigné à sa fille c'est sur le pont levis du château que D'Artagnan a arrêté sur ordre du Roi Louis XIV le Surintendant des Finances Fouquet qui le volait effrontément et surtout lui portait ombrage. On n'assombrit pas le Soleil impunément.
Peut être n'avez-vous pas encore visité l'île Feydeau qui était comme l'île de la Cité à Paris, un vaisseau de pierre au milieu de la ville. Maintenant elle est en pleine terre depuis que les bras de Loire qui l'enserraient ont aussi été comblés. Pour vous donner envie de vous y rendre on peut signaler que les maisons d'armateurs et quelques uns des plus beaux hôtels du XVIIIéme Siècle se trouvent là. Notamment l'Hôtel de La Villestreux où résidait le trop fameux CARRIER qui durant la Terreur, et afin d'économiser les munitions avant l'invention de la guillotine, noyait ses prisonniers à bord de bateaux submersibles.
Construites sur un fond sablonneux et vaseux les maisons paraissent s'appuyer les unes contre les autres. Les Hollandais, grand spécialistes des travaux sous marins et qui commerçaient avec Nantes, nous ont donné la solution pour stabiliser le sous-sol. En guise de fondations ils plantaient de longs troncs d'arbres très rapprochés.
Ils ont été remerciés car depuis cette époque, la place attenante à l'île Feydeau s'appelle Place de la Petite Hollande.
Cependant après le comblement des bras de Loire, les poteaux privés d'humidité ont pourri. Les maisons trop lourdes commençaient de s'affaisser. Avec des techniques modernes on a dû injecter du ciment sous pression pour raffermir une nouvelle fois le sous sol.
Ils ont été remerciés car depuis cette époque, la place attenante à l'île Feydeau s'appelle Place de la Petite Hollande.
Cependant après le comblement des bras de Loire, les poteaux privés d'humidité ont pourri. Les maisons trop lourdes commençaient de s'affaisser. Avec des techniques modernes on a dû injecter du ciment sous pression pour raffermir une nouvelle fois le sous sol.
C'est au cœur de cette île que Jules VERNE est né. Sa maison natale porte une plaque commémorative. On peut comprendre qu'ayant vécu ses premières années dans cet îlot historique, entre le Quai de la Fosse et le Château, il avait matière à garnir ici ses rêves et sa très fertile imagination.
Nous apercevrons le pont de Cheviré de plus de 1.500 m de long et du haut de ses 50m on a un panorama complet sur la ville, l'île de Nantes et le petit village de Trentemoult pépinière des Capitaines Cap Horniers Nantais. A ses pieds, des 2 côtés du tablier on domine la zone portuaire de Cheviré, aujourd'hui 1er importateur de bois en France. Sur la droite du pont nous aurons peut être la chance d'entrevoir l'embarquement sur une barge vers Saint Nazaire d'un tronçon d'Airbus A 380 ou encore de voir l'envol de Nantes Atlantique d'un Super Guppy emportant dans ses entrailles et vers Toulouse, le fuselage d'un autre appareil de la famille Airbus.
Parvenus sur la rive gauche de la Loire nous roulerons vers Saint Nazaire, autrefois avant port de Nantes mais qui grâce au dynamisme, à la capacité de ses habitants et à l'excellente collaboration avec Nantes a su profiter de son exceptionnel emplacement au centre de la façade Atlantique Européenne pour devenir, peut être pas le plus grand, mais certainement le plus fameux chantier naval du monde et créer un très grand complexe portuaire au trafic en constant développement et toujours plein de projets d'avenir.
Avant d'atteindre le Pont de Saint Nazaire nous cheminerons entre le Lac de Grandlieu, et le canal de la Martinière. Ce lac dont la surface double en Hiver est le plus grand de France. Il était autrefois propriété du parfumeur Guerlain qui l'a légué en 1980 afin d'en faire une des plus grandes réserves naturelles d'Europe. Depuis toujours c'est le refuge d'une multitude d'oiseaux migrateurs. Quant au canal, arrêté en 1913, il servait de dérivation pour la remontée des navires jusqu'à Nantes quand on ne pouvait techniquement pas encore dérocter le fond de la rivière.
Cette route défrayait la chronique dans les années 75-81 par les manifestations d'antinucléaires de toute l'Europe qui luttaient protestaient contre l'implantation programmée de la centrale nucléaire du PELLERIN, délocalisée ensuite vers LE CARNET plus en aval et finalement définitivement annulée.
Nous passerons près de la bourgade de MACHECOUL, actuellement siège des cycles Micmo-Gitane mais autrefois fief de Gilles de RAIS, connétable de France, compagnon de lutte de JEHANNE d'ARC. La guerre terminée il se retira dans son château fort. Plusieurs centaines d'enfants disparurent torturés assassinés. Il est surnommé le Barbe Bleue français. On le savait coupable, mais trop fort et trop protégé chez lui, on l'attira à NANTES sous un prétexte futile de contestation agraire. Arrêté, jugé, condamné il fut exécuté malgré sa notoriété.
Nous passerons près de la bourgade de MACHECOUL, actuellement siège des cycles Micmo-Gitane mais autrefois fief de Gilles de RAIS, connétable de France, compagnon de lutte de JEHANNE d'ARC. La guerre terminée il se retira dans son château fort. Plusieurs centaines d'enfants disparurent torturés assassinés. Il est surnommé le Barbe Bleue français. On le savait coupable, mais trop fort et trop protégé chez lui, on l'attira à NANTES sous un prétexte futile de contestation agraire. Arrêté, jugé, condamné il fut exécuté malgré sa notoriété.

Vue aérienne du Pont de Saint Nazaire vers les Ports de Montoir
Du haut des 60 m du Pont de Saint Nazaire, qui serpente sur 3.500 m notre vue portera à droite, sur les importantes installations des Ports de Montoir et Donges, à gauche, sur la vue de l'estuaire de la Loire, de Saint Nazaire, de son port et, encore à gauche au pied du pont, notre regard plongera sur les cales des chantiers et les paquebots en cours de construction.
Pont de Saint Nazaire
Sur suggestion du Général SEPTIER, une artère de Saint Nazaire porte le nom de Rue de la Légion d'Honneur. C'est mérité car nous devons garder en tête que cette ville détruite à 100% en 1945 est l'une des plus héroïques villes françaises. Elle est titulaire de la Légion d'Honneur et de la Croix de Guerre pour ses sacrifices endurés dès Mai 1940 et tout au long de la guerre puisque les Allemands enfermés dans la poche et malgré de terribles combats, des bombardements et pilonnages intensifs ne se sont rendus qu'après l'armistice du 8 Mai 1945, bloquant ainsi efficacement l'arrivée de matériel et de renforts par voie de mer.
Il faut relater un des plus haut faits d'armes de la Marine Nationale et un authentique exploit auquel toute la population de SAINT NAZAIRE doit être associée. Il s'agit de l'appareillage du cuirassé JEAN BART les 18 et 19 Juin 40 alors que les Allemands qui voulaient le capturer n'étaient plus qu'à quelques kilomètres.
Ce navire n'aurait dû être terminé dans les chantiers nazairiens qu'en Octobre 40. En raison de l'avance allemande, il fallait le sauver à tout prix. Les 3.500 ouvriers travaillaient 12 heures par jour pendant que l'on draguait nuit et jour le fond devant la porte de la cale sèche pour rejoindre le chenal. En raison d'un fond rocheux inattendu on n'avait pu creuser qu'un passage de 50 m de large pour les 33 m de large du navire et ses 250 m de long. Le navire calait 9 mètres. A marée haute, dans le créneau de date favorable du 18 au 22 Juin il n'y aurait que 40cm d'eau sous la quille. Autant dire qu'il fallait un chausse pied et de la chance pour sortir cette masse de 35.000 tonnes.
L'artillerie lourde des 8 canons de 380 rapidement installée n'était pas encore coordonée avec les télémètres. Seules quelques pièces de DCA étaient en ordre de tir. Les hélices sont fixées les 6 et 7 juin. Seulement 3 chaudières sur 6 sont hâtivement installées le 11 et allumées pour la première fois le 14 Juin.
Le 18 Juin alors que le navire essaie ses pompes pour la première fois, les Allemands sont déjà à Rennes et connaissant l'enjeu accélèrent encore malgré des combats retardateurs. Ces marins n'ont probablement pas entendu l'Appel du 18 Juin mais ont fait ce qu'il fallait. Il faut absolument partir. Ce sera à la marée de nuit. Mais voilà que l'opération une fois engagée, les chaudières s'arrêtent. Le courant électrique disjoncte.
Bien qu'il soit aidé par 5 remorqueurs le JEAN BART s'échoue à l'avant et à l'arrière. Les remorqueurs parviennent à le remettre à flot. Tous les matelots non requis aux postes de combat ou à la manoeuvre actionnent le gouvernail par la manœuvre de secours à force de bras. Le Commandant RONARC'H digne fils de l'Amiral RONARC'H Commandant de la Brigade des Fusiliers-Marins de DIXMUDE allège le navire en pompant à la mer de l'eau douce et du combustible, 1ère marée noire dans l'estuaire. Les chaudières repartent. Le JEAN BART rentre dans le chenal et fait route prudemment vers le large. A 4h40 alors qu'il est à petite vitesse dans le chenal étroit et qu'il ne peut zigzaguer, des avions allemands viennent le bombarder en 3 passes. A la dernière 2 bombes tombent à bord sur le pont blindé entre les tourelles de 380 mais sans trop causer de dégâts. C'est alors qu'une 4ème vague surgit, la DCA tire encore, heureusement sans résultat, c'était une escadrille française arrivant en couverture. Au petit jour quand les panzers Allemands débouchent sur le port, la cage est ouverte, l'oiseau s'est envolé. La rage et le dépit des envahisseurs étaient parait-il indescriptibles.
Le JEAN BART a rendez-vous en mer avec une escorte et un pétrolier ravitailleur. La veille, au même endroit un navire a été torpillé par un U-BOOT. Le JEAN BART fait ses soutes et de l'eau douce. Le cuirassé et son escorteur immobilisés pendant 7 heures sont vulnérables et tous deux flambants neufs encore peints en rouge minium se désignent aux avions ennemis. Ils ne seront pas attaqués et rejoindront le port de Casablanca à la vitesse appréciable de 24 nœuds pour un navire inachevé qui n'avait effectué aucun essai préalable.
Une des tourelles de 380 quadruples du RICHELIEU,
sister ship du JEAN BART, c'est à cet endroit que la bombe est tombée.
(Photo Robert Larrose)
sister ship du JEAN BART, c'est à cet endroit que la bombe est tombée.
(Photo Robert Larrose)
Un autre fait d'arme tout aussi héroïque s'est déroulé lui aussi exactement au même endroit, à l'aval de l'actuel pont de Saint Nazaire. Il s'agit de l'opération « CHARIOT » déclenchée par les marins et commandos Anglais de Lord MOUNTBATTEN le 28 Mars 1942. Il s'agissait de rendre inutilisable la cale sèche du NORMANDIE et du JEAN BART, seul endroit où pouvait se faire réparer le cuirassé TIRPITZ. Ce bâtiment était leur hantise car son sister-ship le BISMARK avait envoyé par le fond d'une seule bordée de ses 380 les 1800 marins et le cuirassé HOOD orgueil et fleuron de la Royal Navy.
Minutieusement préparé le raid se composait du CAMPBELTOWN, un destroyer qu'on avait camouflé en navire allemand en lui supprimant 2 cheminées. Il arborait le pavillon de la Kriegsmarine. De plus Il était accompagné d'une flottille de vedettes rapides lance torpilles, marchant à plus de 40 nœuds, et tous chargés de commandos afin opérer des destructions programmées. Le but était également de bloquer les écluses permettant l'accès à la base sous-marine.
L'opération s'est déroulée de nuit. Navigant à marée haute au dessus des bancs, en dehors du chenal, ils n'ont été découverts que dans les derniers instants. Malgré des tirs à bout portant tuant successivement plusieurs timoniers aussitôt remplacés, le Commandant prend la barre avant d'être blessé à son tour. Le CAMPBELTOWN s'encastre à pleine vitesse de 10 mètres dans la porte de la cale sèche si bien que les commandos peuvent débarquer à pieds sur leur objectif.
Le HMS CAMPBELTOWN encastré dans la porte de la cale sèche. On voit les impacts d'obus. La marée a baissé depuis l'éperonnage. Photo avant l'explosion (archives allemandes)
Photo du HMS CAMPBELTOWN prise du terre-plein, encore avant l'explosion
On voit les observateurs très calmes ne se doutant de rien. (Archives Allemandes)
Plus légères et fragiles, les vedettes ont eu beaucoup de difficultés. Certaines ont été détruites avant d'aborder. D'autres ont réussi à débarquer les soldats qui se sont répandus dans la zone portuaire et même en ville commençant les destructions et les combats. Beaucoup ont été tués ou fait prisonniers mais certains ont réussi à rembarquer, à se replier sous les tirs et à rentrer en Angleterre. Le père de la chanteuse Jane BIRKIN commandait l'une de ces vedettes. Quant au CAMPBELTOWN il avait 4 tonnes d'explosifs camouflés dans les fonds de l'avant avec un dispositif à retardement qui n'a pas été découvert à temps. L'explosion causant un grand nombre de victimes s'est produite quelques heures plus tard alors que les Allemands inspectaient sans méfiance le navire. Les opérations des sous-marins n'ont pas été gênées, mais la cale sèche est demeurée inopérante pour toute la durée de la guerre.
Nous descendrons des cars au pied de l'imposante et indestructible base sous-marine. Les bombardements Alliés et le siège de la poche de Saint Nazaire qui ont entièrement détruit la ville et le port n'y ont causé que des égratignures à peine plus grandes que des nids de poule. On ne peut qu'admirer le parti qui en a été tiré.
A l'intérieur de cette base-abri, alvéoles des U-BOOT allemands, nous visiterons Escal'Atlantic. C'est la reconstitution saisissante de l'intérieur des paquebots dans le style art déco d'avant guerre. L'ambiance du Normandie est parfaitement rendue, grooms et personnel en uniforme comme à bord, coursives, entrepont des émigrants, intérieur des cabines, bagages d'époque, malles cabine, vent sur le pont promenade, pont des embarcations, passerelle, timonerie, cabine de contrôle machine avec chadburn et manomètres, bruitage de la salle des machines, salle à manger, salon, etc… Des pièces, des affiches qui feraient le bonheur des antiquaires ont été retrouvées et mises en situation. Sous cette masse de béton on s'y croirait !
A l'issue de la visite, terminée comme il se doit en une apothéose qui surprendra les plus blasés, l'apéritif nous sera offert par Mr le Maire de Saint Nazaire dans l'exacte réplique de la salle à manger du Normandie. Dans ce cadre, avec la musique, le décor ambiant on peut imaginer que Mistinguet va subitement apparaître au bras de Maurice Chevalier.
Vers 12h30 il nous faudra reprendre les cars pour rejoindre par les plages de PORNICHET et de LA BAULE le restaurant «Le Garde Côte » sur le port du POULIGUEN.
Chemin faisant, nous admirerons le « remblai » c'est-à-dire le long de la plage de LA BAULE la belle promenade longeant les 13 Kms de la plus belle plage ourlée d'Europe, orientée plein Sud. On peut imaginer la spéculation florissante quand les belles villas en front de mer ont été remplacées par des palaces, avec une vue splendide sur la mer, les roches, phares et îlots du large.
Après le repas, environ vers 14h30, nous reprendrons les cars pour nous diriger vers LE CROISIC en suivant la bien nommée Côte Sauvage. Il y a un fort contraste avec les plages balnéaires précédentes de LA BAULE. La Côte Sauvage avec ses rochers, ses criques est également belle par beau temps mais vous pourrez imaginer que par gros temps elle est encore plus belle. Le panorama est splendide. Il y a quelques belles villas isolées et il reste quelques blockhaus vestiges du Mur de l'Atlantique dont celui du PC commandant tout le dispositif atlantique qui avait été camouflé en hôtel avec ses fenêtres peintes en trompe l'oeil sur le béton de l'organisation TODT.
Nous rejoindrons l'Océarium du CROISIC qui réunit dans un cadre splendide tous les spécimens de poissons et animaux marins du plus commun aux plus rares, des mers chaudes à celles de l'arctique ou de l'antarctique. Depuis que les chalutiers pêchent par grands fonds ils capturent de nouvelles espèces comestibles et parfois totalement bizarres et inconnues comme des créatures arrivant directement de la préhistoire. Bien entendu elles sont préemptées et préservées dans cette sorte de conservatoire maritime halieutique.
Il est assez probable que nous ferons quelques pas sur le terre-plein du port où seront garés les cars. Nous pourrons apercevoir une statue en bronze d'un farouche marin cramponnant son gouvernail d'une main qui devait être ferme. Il s'agit d'Hervé RIELLE un extraordinaire marin Croisicais. Nous venons de voir les actions de fameux marins. Celui là n'est pas en reste et son histoire mérite d'être contée.
Statue d'Hervé RIELLE, fameux marin Croisicais,
Pilote et Sauveteur de la flotte de TOURVILLE
Pilote et Sauveteur de la flotte de TOURVILLE
Pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, le Roi Louis XIV voulait desserrer l'étreinte continentale de ses adversaires et débarquer des troupes pour remettre sur le trône d'Angleterre, son cousin, le Roi Catholique Jacques II Stuart. Une petite armée de 20.000 hommes était massée près de La Hougue. Il fallait des navires et la maîtrise de la mer.
L'Amiral TOURVILLE attendait à BREST la flotte de Méditerranée de l'Amiral D'ESTRÉES. Le Roi lui enjoignit d'attaquer sans délai. Les 29 et 30 Mai 1692 avec seulement 44 navires TOURVILLE attaqua vaillamment les 124 vaisseaux Anglo-Hollandais qui croisaient au large de BARFLEUR pour empêcher l'embarquement.
Malgré l'infériorité des français la bataille fut indécise. Les Anglais perdirent 2 navires et 5.000 hommes. Les Français en perdirent 1.700 et n'eurent aucune perte de navire. Cependant beaucoup furent gravement endommagés dont le SOLEIL ROYAL vaisseau amiral, plus beau navire de son temps et même le plus beau vaisseau jamais construit, une réelle oeuvre d'art, avec sur la poupe ses sculptures dorées de Pierre PUGET, mais efficace qui les avait déjà battus à BÉVEZIERS (Beachy Head pour les Anglais). Les Anglo-Hollandais concentraient leurs tirs sur lui car ils pensaient que le Roi Jacques II se trouvait à bord. Son bâtiment très diminué, l'Amiral TOURVILLE transporta sa marque sur un vaisseau plus fringant et donna l'ordre de la retraite.
Quelques navires rejoignent Brest, les autres franchissent le terrible Raz Blanchard entre le Cap de La Hague et l'île d'Aurigny. Il y a une erreur sur le calcul de marée. C'est trop tard. Le courant défavorable est trop fort, 13 navires restent à la traîne et rebroussent chemin vers La Hougue Saint Vaast ou Cherbourg pour le SOLEIL ROYAL. Ils s'échouent volontairement à la côte et les 2 et 3 Juin 1692 les Anglais les détruiront un à un avec des brûlots sous les yeux de Jacques II et de son corps expéditionnaire.
Le port de Cherbourg n'existait pas encore. Il aurait pu sauver la flotte. A cause de cela nous avons laissé pour longtemps la suprématie maritime aux Anglais. On peut regretter amèrement l'inconséquence ou la jalousie de Louvois qui avait fait stopper les travaux jugés nécessaires et entrepris à Cherbourg par Vauban. Les travaux seront repris plus tard, poursuivis par Napoléon 1er et achevés sous Napoléon III.
Le port de Cherbourg n'existait pas encore. Il aurait pu sauver la flotte. A cause de cela nous avons laissé pour longtemps la suprématie maritime aux Anglais. On peut regretter amèrement l'inconséquence ou la jalousie de Louvois qui avait fait stopper les travaux jugés nécessaires et entrepris à Cherbourg par Vauban. Les travaux seront repris plus tard, poursuivis par Napoléon 1er et achevés sous Napoléon III.
Cependant 27 navires se dirigent vers SAINT MALO. C'est trop tard aussi, les anglais avaient dépêché des bateaux rapides qui, contournant les Iles Anglo-Normandes, sont là avant eux et les attendent. Ils ne peuvent non plus se mettre à l'abri en baie de la Fresnais sous la protection des canons de Fort La Latte, près du Cap Fréhel. La flotte est perdue.
C'est alors qu'intervient Hervé RIELLE. Il connaît un passage dans cette nasse. Les signaux à bras communiquent à tout va. On le transfère sur le Vaisseau Amiral. Il n'y a plus rien à perdre. Le Vaisseau Amiral s'engage dans une brèche étroite, longue et tortueuse du sournois plateau rocheux. Les autres suivent. Tous passent. La flotte est sauvée. Les Anglais sont stupéfaits et n'osent pas les suivre. En effet la marée baisse, le jour aussi. De plus, ils ne connaissent pas cette passe. Sur les cartes marines françaises comme anglaises, elle portera désormais et encore maintenant, le nom de Passage de la Déroute. Les Anglais ne peuvent les poursuivre. L'Amiral TOURVILLE sera nommé Maréchal. Quant à Hervé RIELLE, la légende dit qu'il aurait refusé d'être nommé Officier et qu'il n'aurait demandé que quelques jours de permission pour aller voir son épouse. Il est néanmoins passé à la postérité puisque le quai principal du Croisic porte son nom. L'Amiral RUSSEL vainqueur des batailles de Barfleur et de la Hougue a lui aussi laissé son nom à deux passages maritimes de ces parages dans le Sud-Est entre les îles de Guernesey et de Serk, le Grand et le Petit RUSSEL.
Vers 17h30 nous retournerons vers Nantes par la voie rapide. Entre Le Croisic et La Baule nous passerons à proximité de GUÉRANDE splendide ville fortifiée avec ses remparts, ses tours et ses portes. Son nom vient du breton Gwen Rann (la ville blanche) en raison du sel, qui constituait son immense richesse quant il servait encore de monnaie d'échange et de contrebande.

Paludier au travail avec son las dans son oeillet
En tendant le col vers la gauche nous apercevrons des marais salants (les œillets) au milieu desquels les paludiers artisanaux grattent le fond avec des sortes de râteaux en bois (des las) pour récolter ce fameux gros sel gris ou la fleur de sel, le fin du fin de leur production.
Après le viaduc d'accès Nord au pont de Saint Nazaire nous verrons sur la droite les très importantes installations des ports de Montoir et Donges où vient de se produire une mini marée noire.
Après le viaduc d'accès Nord au pont de Saint Nazaire nous verrons sur la droite les très importantes installations des ports de Montoir et Donges où vient de se produire une mini marée noire.
Enfin près du plus important nœud routier des Pays de la Loire nous serons à SAVENAY, ville qui a vu le dernier et tragique combat fratricide des guerres de Vendée, qu'on a appelé la Vendée Militaire. Nous sommes bien loin de la Vendée. C'est que leurs combattants (les blancs) avaient été repoussés jusque là après l'échec devant GRANVILLE de la « virée de Galerne » une tentative de jonction avec les Anglais, d'autres disent que c'était un prétexte et que les aristocrates voulaient s'enfuir.
Après les batailles, gagnée à DOL le 21 Novembre 1793 et perdue au MANS le 12 Décembre 1793, sans renforts, perdant peu à peu leur artillerie et leur cavalerie, les blancs en retraite, encombrés de leurs familles et incapables de franchir la Loire, sont encerclés dans SAVENAY. Les Républicains (les bleus) qui ont reçu des renforts ont concentré toutes leurs forces pour en finir enfin cette fois avec « les brigands ».
Le 22 Décembre 1793 la bataille est terrible aux alentours de la ville puis sur la place de l'église où on se bat à bout portant au canon à mitraille, ensuite de maison en maison jusqu'au lieu où est édifié aujourd'hui un calvaire. C'est la fin de la Vendée Militaire.
Le 22 Décembre 1793 la bataille est terrible aux alentours de la ville puis sur la place de l'église où on se bat à bout portant au canon à mitraille, ensuite de maison en maison jusqu'au lieu où est édifié aujourd'hui un calvaire. C'est la fin de la Vendée Militaire.
Le Général WESTERMAN écrira sa célèbre lettre au Comité de Salut Public spécifiant « qu'il n'a aucun prisonnier à se reprocher, qu'ils sont tous passés au fil de l'épée et que les femmes présentes n'enfanteront plus jamais de brigands ».
Nous ferons route vers NANTES où nous retrouverons les bords de Loire avec le quai Ernest RENAUD, un vaillant Capitaine Cap Hornier Nantais qui avait sauvé l'équipage entier d'un voilier Prussien au prix de quelques un de ses valeureux membres d'équipage. Il méritait bien cet honneur ainsi que la belle plaque commémorative fixée sur le mur de la Capitainerie.
Ce quai se poursuit par le Quai de la Fosse célèbre dans le monde entier. Son nom provient des anciens chantiers de construction navale qui, au temps de la marine en bois, laissaient leurs rondins tremper dans un parc à bois appelé la fosse avant de les utiliser. Il y a de très beaux immeubles dont quelques uns, comme les marins qui rentraient à bord après une bordée, sont aussi de guingois et désespéreraient le fil à plomb des plus mauvais maçons.

Le Quai des Antilles et l'Ile de Nantes vus du quai de la Fosse
Nous passerons tout près de l'escorteur d'escadre MAILLÉ-BRÉZÉ, spécialisé dans la détection ASM et devenu musée maritime flottant. Du haut de la butte Sainte Anne on possède un très bon aperçu de l'espace maritime historique. C'est là que montaient les épouses pour déposer un cierge dans la chapelle et voir encore un peu plus longtemps s'éloigner dans les méandres du fleuve, la mature des voiliers qui emportaient les marins. Du sommet de la butte, le Musée Jules VERNE et le planétarium contemplent maintenant eux aussi le port.
En face sur l'île de Nantes se trouvaient les anciens chantiers navals qui ont fait la réputation de Nantes. Le BELEM vénérable centenaire et dernier de nos grands voiliers, a été construit ici. Immatriculé à NANTES il porte haut le pavillon de notre cité dans toutes les manifestations maritimes où il se rend.

Belem amarré au Quai de la Fosse (Photo Jean LOREAU)
Les chantiers navals Nantais continuent toujours avec des bureaux d'études navals mais les constructions ont maintenant migré à SAINT NAZAIRE référence mondiale en la matière. Cependant tels le Phoenix ils nous ont légué en front de Loire leur vaste emplacement qui constitue au cœur même de la Cité une chance inouïe de développement et d'urbanisme. Les meilleurs architectes urbanistes du monde, tels Jean NOUVEL qui a déjà conçu le Palais de Justice sont déjà au travail pour nous offrir le meilleur de leur réflexion. A proche échéance les projets ambitieux foisonnent.
Au retour de chaque voyage d'un de leurs vaisseaux à l'Inde ou à l'Orient, les armateurs et actionnaires disaient des messes d'action de grâce sous le dôme de l'église Notre Dame du Bon Port, quelquefois nommée aussi Saint Louis des Marins qui domine le quai, pendant que Jean-François de Nantes, archétype du marin Long Courrier Nantais, et ses camarades de bordée fréquentaient les maisons closes du quai et des venelles adjacentes.

Manoeuvre de voiliers face à l'église de ND du Bon Port
Le célèbre quai de la Fosse, autrefois véritable forêt de mats n'est plus maintenant fréquenté que par le BELEM, les remorqueurs des Abeilles, les vedettes de tourisme et un service maritime des transports urbains mais le cœur de la Loire qui lui est intimement associé, bat et battra toujours au rythme des marées.

Belem appareillant sous grand pavois du Quai de la Fosse.
(Photo Jean LOREAU)
Voici notre tour au pays des marins terminé. A l'année prochaine.
Hardi les gars, vire au guindeau. Good by farewell
Rédigé et mis en page par Robert LARROSE
Capitaine au Long Cours. Capitaine-Expert
Enseigne de Vaisseau de 1ère Classe Fusilier-Marin Commando
Nouvelle écrite par Robert Larrose le 17 Mai 2008


Obsèques nationales de Mr PONTICELLI
Obsèques Nationales du dernier Poilu de 14-18
Le Lundi 17 Mars 2008 en l'Église Saint Louis des Invalides ont eu lieu les obsèques de Monsieur Lazare PONTICELLI dernier survivant français des combattants de la Grande Guerre.
Pourquoi cet article dans un site du Mérite Maritime ? D'abord parce qu'il s'agit d'un hommage rendu par la Nation à l'un des siens. Ensuite parce que, sans chercher plus loin dans les collatéraux, nous avons tous eu dans nos familles, un père, un grand-père voire un arrière grand-père combattant. Certains ont leur nom gravé sur un monument aux morts, leurs corps sont souvent on ne sait où, peut être même et pourquoi pas, sous l'Arc de Triomphe. Enfin parce que Mr PONTICELLI est un homme d'un grand et même d'un exceptionnel mérite. S'il avait été dans la marine il aurait sans nul doute été distingué et aurait fait partie de notre Fédération. Malgré sa discrétion et sa modestie, un homme comme lui ne peut pas passer inaperçu.
Il ne voulait pas d'honneurs, pas de cérémonie. Il n'a pas été choisi, mais par la force du destin il s'est retrouvé le dernier. Il a alors réalisé qu'il ne s'appartenait plus et comme c'était un homme de devoir, hanté par le souvenir de ses camarades il a accepté pour eux, en leur nom et comme pour éviter leurs reproches dans l'au-delà, qu'il y ait cette cérémonie digne et solennelle.
Cérémonie dans la Cour d'Honneur
Quel exemple nous laisse cet homme ! Petit immigré de 9 ans, isolé de sa famille dispersée, descendant d'un train de 3ème classe à Paris avec son baluchon sur le dos, ses souliers autour du cou pour ne pas les user, ne connaissant pas un mot de français, se mettant de suite au travail et avec quelle ardeur. Ce n'est pas lui qui aurait incendié des écoles ou des bibliothèques et pourtant il n'y a jamais mis les pieds. Au contraire il montait sur leur toit pour ramoner et éviter qu'elles ne prennent feu.
Dès le début des hostilités, dissimulant son âge il s'engage à 16 ans dans la Légion Étrangère pour aider la France « qui lui a donné à manger ». Miraculeusement il y retrouve un frère aîné perdu de vue. C'est l'esprit de Garibaldi, l'amour de la terre d'accueil, bien faible aujourd'hui, qui les a rassemblés.
Lorsque l'Italie entre à son tour en guerre à nos côtés, elle réclame ses ressortissants qui luttent dans l'armée française. Il ne veut pas quitter ses camarades Légionnaires devenus sa famille et on doit le ramener sous escorte dans son pays. Il sera un excellent combattant dans les chasseurs alpins.
Après la guerre il monte une entreprise. Le petit Italien quasi illettré embauche des ouvriers qui seront jusqu'à plusieurs milliers. Quel destin ! Il n'a pas l'esprit de revanche dont certains s'abreuvent aujourd'hui pour exister, contre qui ? pourquoi ? à quoi bon ? Il travaille. Malgré ses états de service pour la France, il patientera jusqu'en 1939 pour enfin être naturalisé français. Pendant l'occupation il participera encore à la résistance.
Vraiment on ne pouvait pas trouver mieux pour représenter le dernier poilu. Aujourd'hui on dirait que c'est un casting de rêve, un immigré, un patriote, un chef d'entreprise humain, une réussite économique par un self made man et un Homme dans toute l'acception du terme.
Si cet article est écrit dans ce site c'est aussi parce que l'après midi même des obsèques, se déroulait dans la Cour d'Honneur des Invalides l'hommage solennel aux anciens combattants de 14/18.
Après l'inauguration sous la coupole d'une plaque commémorative en leur honneur, le Président de la République allait leur rendre un vibrant hommage dans la Cour d'Honneur. A la suite du Président, les 7 drapeaux les plus décorés de France sortant à leur tour de la coupole passaient un à un devant le tombeau de Napoléon pour se ranger devant le pupitre du Président.
Le drapeau de la Légion Étrangère, 2ème drapeau le plus décoré avait l'honneur d'ouvrir la marche pour accompagner son ancien mis à l'honneur. En effet c'était celui de l'unité de Mr PONTICELLI, celui de ceux qui sont "français non par le sang reçu mais par le sang versé".
Ensuite le drapeau, le plus décoré de France, celui du RICM(ancien Régiment d'Infanterie Coloniale du Maroc) devenu pour conserver les prestigieuses initiales et pour cause de langage politiquement correct, Régiment d'Infanterie et de Chars de Marine mais resté toujours aussi valeureux. C'est ce régiment qui avait repris aux Allemands les forts de Vaux et de Douaumont à Verdun. Le retour de l'espoir et une énorme et retentissante victoire psychologique.
En 3ème position par ordre de décoration venait le Drapeau des Fusiliers-Marins avec sa garde venue de Lorient. Il représentait tous les marins mais plus particulièrement ceux de Dixmude et de l'Yser, ceux des vagues de sable de Koufra et de Bir Hakeim où leur sueur était aussi salée que l'eau de mer, ceux des seuls français à courir sur la plage plate d'Ouistreham à l'aube du 6 Juin 1944, ceux de la libération de Paris et de Strasbourg, ceux qui sont rentrés le fusil à la main dans la chambre d'Hitler dans son berghof de Berstesgaden qu'il croyait inexpugnable.

Drapeau des Fusiliers-Marins
Eh bien oui, je pensais à tous ceux qui ont été dans leurs rangs dont la plupart venaient de la Pêche ou de la Marine Marchande et si jeunes qu'à Dixmude les Allemands les surnommaient les « demoiselles en pompon rouge ». Ils n'ont pas tardé à les respecter.
Que l'on me pardonne, j'avoue ne pas avoir quitté des yeux leur drapeau et pour ceux qui suivaient je n'ai plus remarqué ensuite que celui de la Gendarmerie.
Je me souviens de l'ordonnancement impeccable de la cérémonie tout autour de la Cour d'Honneur et d'une phrase du Président que j'aurai pu faire mienne « On ne construit pas son avenir en oubliant son passé »
.Peu avant le 14 Juillet 2007 j'avais écrit un article dans ce site pour raconter l'histoire du Drapeau des Fusiliers-Marins. Pour ceux que cela intéresse ils peuvent le trouver en descendant quelques pages plus bas dans cette même rubrique Evènements.
Nouvelle écrite par Robert Larrose le 30 Mars 2008


Conférence de Mr Claude FIGUREAU du 12 Mars 2008
Le transport maritime des plantes du XVIIème au XXème Siècle
Le Mercredi 12 Mars 2008, Mr Claude FIGUREAU, Directeur du Jardin des Plantes de NANTES, donnera une conférence dont le sujet est « Le transport Maritime des plantes du XVIIéme au XXéme Siècle.
Cette conférence est l'une des deux manifestations organisées chaque année conjointement par la Fédération Maritime, l'Association Hydro Sup'Marine et par l'Association des Capitaines au Long Cours et Capitaines de 1ère Classe.
Ces manifestations sont précédées par un buffet qui se tient à partir de 18h30 au rez de chaussée de la Maison de la Mer, tandis que la conférence aura lieu à suivre vers 20h00 au 1er étage. En raison des normes de sécurité et de la place disponible, nous limitons toujours le nombre de participants aux 80 premiers inscrits.
Donc pour assister inscrivez vous rapidement auprès de Mr Jacques MÉTAIS 20 Rue Racine 44000 NANTES. Chèque de 12€ (montant du buffet) à l'ordre d'Hydro Sup'Marine Pays de la Loire.
Pour des profanes, le sujet traité peut paraître éloigné de la navigation et pourtant il y est intimement lié, cela même depuis les premiers voyages des explorateurs ou découvreurs.
En effet hormis ceux qui au début avaient pour mission de découvrir des terres ou des voies de navigation nouvelles et pour les Espagnols et Portugais d'évangéliser les populations rencontrées, tous en chœur ont eu rapidement pour but de mettre en valeur les îles ou les territoires découverts, d'accroître l'influence de leur pays et d'en ramener des richesses ou des curiosités, animaux, plantes et parfois même des hommes de ces pays.
En effet hormis ceux qui au début avaient pour mission de découvrir des terres ou des voies de navigation nouvelles et pour les Espagnols et Portugais d'évangéliser les populations rencontrées, tous en chœur ont eu rapidement pour but de mettre en valeur les îles ou les territoires découverts, d'accroître l'influence de leur pays et d'en ramener des richesses ou des curiosités, animaux, plantes et parfois même des hommes de ces pays.
Ces premières personnes du nouveau monde n'étaient pas encore des esclaves et, objets de curiosité, résidaient souvent à la Cour ou au service de puissants Seigneurs. J'ai cité plus bas dans ce site (article le passage du Cap Horn) le nommé HENRIQUE que MAGELLAN ramenait chez lui. De même, après son 1er voyage, Christophe COLOMB en avait reconduit plusieurs dans leur île. C'est cocasse car on sait aussi que la Reine Marie-Thérèse, épouse de Louis XIV avait mis au monde, en public comme toutes les Reines, un enfant noir "comme du charbon". Charitablement Mme de SÉVIGNÉ écrivait que la Reine avait mangé "trop de chocolat", d'autres disaient aussi que c'était "un long regard d'un noir". Le Roi qui ne manquait pas d'humour aurait dit "ce devait être un regard bien pénétrant". C'était néanmoins une fille d'origine royale qui termina sa vie, presque comme le Masque de Fer, bien enfermée dans le couvent de Moret sur le Loing. Là bas il en reste un portrait, dit "de la Moresse" et un dossier vide. Quant au père, comme il était le seul noir, Page de la Reine, très connu sous le nom de NABO à Versailles, il fut parait-il promptement exécuté pour crime de « lèse majesté ». Pourtant il ne s'agissait nullement d'un viol. Jusqu'où nous mènent les plantes!
Pour revenir aux plantes, dites de chez nous, beaucoup ont une origine exotique et la plupart de ce que nous mangeons quotidiennement aujourd'hui possède une origine lointaine et consécutive à un transport maritime. Sans chercher à être exhaustif on peut rapidement citer comme mets quotidien, en plus des épices, les tomates, les pommes de terre de Mr Parmentier, les fraises de Mr Frézier, le riz, le maïs, le thé, le tabac, le sucre, le café, le cacao, le chocolat, la dinde et le dindon, les haricots.
Justement, à propos d'une catégorie de haricots mi-secs très connue sur les étalages des marchés, « les cocos de Paimpol », on sait qu'ils ont été ramenés de VALPARAISO, non par les Cap Horniers du nitrate mais assez récemment par un marin Paimpolais dans les années 1950. Ayant trouvé ce féculent à son goût, il en avait ramené des graines pour les planter dans son jardin. On peut dire qu'il a eu du succès et mériterait la postérité ainsi que Mr PARMENTIER ou encore Mr FRÉZIER et BOUGAINVILLE ou la Reine HORTENSE.
Justement, à propos d'une catégorie de haricots mi-secs très connue sur les étalages des marchés, « les cocos de Paimpol », on sait qu'ils ont été ramenés de VALPARAISO, non par les Cap Horniers du nitrate mais assez récemment par un marin Paimpolais dans les années 1950. Ayant trouvé ce féculent à son goût, il en avait ramené des graines pour les planter dans son jardin. On peut dire qu'il a eu du succès et mériterait la postérité ainsi que Mr PARMENTIER ou encore Mr FRÉZIER et BOUGAINVILLE ou la Reine HORTENSE.
Au Louvre il existe le tableau célèbre où l'on voit Louis XVI donner ses consignes à LA PÉROUSE avant son départ pour un tour du monde sans retour. Le Roi est représenté pointant son doigt sur la carte, en train de lui demander de faire des découvertes, d'en établir l'hydrographie et de ramener des plantes. Ce sujet intéressait le Roi qui avait fait planter des pommes de terre mal gardées à Versailles par des troupes afin d'en favoriser la vulgarisation auprès du peuple. Par ailleurs on tient pour certain que le 21 Janvier 1793, avant de quitter la prison du TEMPLE pour l'échafaud dressé sur la Place de la Concorde, il avait demandé à ceux qui l'amenaient à la mort "A-t-on des nouvelles de Mr de LA PÉROUSE" ?
Naturellement le transport de graines ensachées demandait moins de soins que celui de plantes en pots. Il fallait les ramener vivantes, c'est-à-dire les arroser, les monter de temps en temps sur le pont pour leur faire voir le soleil. L'eau douce était rare à bord. On sait que l'arrosage des plantes avait été la goutte d'eau qui avait fait déborder la fameuse révolte du BOUNTY en 1789.
En effet l'équipage avait été rationné en eau dès le départ de Tahiti pour assurer un arrosage régulier des plantes jusqu'aux Antilles via le Cap Horn. C'était le but premier de la mission. Ils étaient chargés d'y ramener « des arbres à pain » un genre de palmier dont les fruits devaient nourrir les esclaves travaillant déjà dans les plantations sucrières des isles. On voit que déjà les Européens pensaient à mettre en valeur et exploiter leurs découvertes au maximum et que la philanthropie et l'humanisme des 1ers voyages avait bien disparu.
Les arbres à pain avaient été balancés sur la tête du Capitaine BLIGHT jeté par les mutins dans une embarcation avec 18 marins fidèles, un sextant et 2 ou 3 barils de galère contenant une eau croupie. Malgré cela ils réussirent l'exploit de traverser la moitié du Pacifique pour rallier l'île de TIMOR.
Les arbres à pain avaient été balancés sur la tête du Capitaine BLIGHT jeté par les mutins dans une embarcation avec 18 marins fidèles, un sextant et 2 ou 3 barils de galère contenant une eau croupie. Malgré cela ils réussirent l'exploit de traverser la moitié du Pacifique pour rallier l'île de TIMOR.
Les navires transportaient aussi des animaux dans les 2 sens. Les Aztèques et les Incas n'avaient jamais vu de chevaux avant l'arrivée des Conquistadors. En échange les Espagnols nous ont ramené les dindes (D'Indes Occidentales). Jusque là, les pintades ramenées par les Croisés s'appelaient poules d'Inde ou poules de Turquie,(en anglais guinea fowl). Les français ont alors changé l'appellation pour différencier ces espèces mais les Anglais continuent d'appeler la dinde Turquey (Turquie) alors qu'elle provient d'Amérique et qu'elle est pourtant un de leurs plats préféré.
Après la révolution salutaire de Thermidor le salon parisien de Mme BARRAS était très fréquenté par son amie Joséphine de Beauharnais, c'est d'ailleurs là qu'elle rencontra Bonaparte. Méchamment les autres femmes, jalouses de sa beauté et de sa grâce, lui demandaient fréquemment d'où était elle originaire. Sans malice elle répondait ingénuement "je suis d'Inde". Cette expression est restée depuis dans la langue française pour désigner une fille peu maligne. Il est quand même assez probable que sous l'Empire on ne s'est plus ouvertement moqué d'elle.
Après la révolution salutaire de Thermidor le salon parisien de Mme BARRAS était très fréquenté par son amie Joséphine de Beauharnais, c'est d'ailleurs là qu'elle rencontra Bonaparte. Méchamment les autres femmes, jalouses de sa beauté et de sa grâce, lui demandaient fréquemment d'où était elle originaire. Sans malice elle répondait ingénuement "je suis d'Inde". Cette expression est restée depuis dans la langue française pour désigner une fille peu maligne. Il est quand même assez probable que sous l'Empire on ne s'est plus ouvertement moqué d'elle.
Pour marquer l'importance de ces transports de plantes ou de graines on peut encore mentionner que la plus importante fête des Etats-Unis découle directement d'un transport maritime. Il s'agit du « Thanksgiving day », la journée d'action de grâce.
En effet, encore à bord du MAYFLOWER, les premiers émigrants protestants puritains, chassés d'Angleterre par les persécutions du Roi Catholique Jacques II, avaient pris la décision de célébrer ensemble le 1er anniversaire de leur présence en Amérique. C'était ce qu'ils appellent le «mayflower compact». Partis pour la Virginie où une petite colonie s'était déjà installée depuis Décembre 1619 à BERKELEY PLANTATION sur la rivière JAMES, les "Pilgrims Fathers" atterrirent le 26 Novembre 1620 à PLYMOUTH dans le Massachussets. Une énorme erreur de navigation mais qu'importe quand la vie est en jeu.
Ils survécurent grâce à du maïs, des dindes sauvages, de la pêche d'anguilles et l'aide des Indiens du voisinage. Au bout d'un an, après ramassage de leur première récolte, ils tinrent parole, invitèrent les Indiens et depuis, chaque année, le 4ème Jeudi de Novembre, leur menu est en principe immuable pour cause de tradition, dinde aux airelles, patates douces, tarte au potiron.
Comme dernière digression à cet inépuisable sujet des plantes et des récoltes on peut citer une importante conséquence qui a marqué l'esprit des premiers settlers américains, la naissance d'un certain capitalisme face au collectif qui était jusque là de mise dans l'agriculture d'Angleterre.
Dans la nouvelle colonie du Massachusets, les terres étaient cultivées en commun comme en Angleterre. Au bout de quelques années ils faillirent tous périr de famine car certains non seulement ne travaillaient jamais prétextant maladie, vieillesse ou autre argument mais volaient de surcroît les redistributions des autres. William BRADFORD le chef de leur communauté, pompeusement dénommé Gouverneur mais souvent considéré comme le premier capitaliste américain, décida de partager et d'attribuer à chacun un lopin identique. Subitement tous se mirent au travail et les récoltes devinrent abondantes. C'est ainsi que les Américains ont compris dès le début et n'ont pas eu besoin de passer par les kolkhoses ou les kiboutz pour découvrir l'efficacité de la propriété agricole individuelle.
Dans la nouvelle colonie du Massachusets, les terres étaient cultivées en commun comme en Angleterre. Au bout de quelques années ils faillirent tous périr de famine car certains non seulement ne travaillaient jamais prétextant maladie, vieillesse ou autre argument mais volaient de surcroît les redistributions des autres. William BRADFORD le chef de leur communauté, pompeusement dénommé Gouverneur mais souvent considéré comme le premier capitaliste américain, décida de partager et d'attribuer à chacun un lopin identique. Subitement tous se mirent au travail et les récoltes devinrent abondantes. C'est ainsi que les Américains ont compris dès le début et n'ont pas eu besoin de passer par les kolkhoses ou les kiboutz pour découvrir l'efficacité de la propriété agricole individuelle.
On peut être certain que Mr FIGUREAU Directeur du Jardin des Plantes de NANTES, peut être le plus fameux jardin des plantes de France, puisqu'il recevait les plantes de première main des navires arrivant et dispose de nombreuses archives et de serres formidables nous dévoilera les dessous de cet important volet de l'histoire maritime dans laquelle notre cité a pris la plus importante des parts.
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Nouvelle écrite par Robert Larrose le 18 Février 2008

















