
RECIT DU CONGRES DE NANTES 2007
Le Congrès annuel de la Fédération du Mérite Maritime a eu lieu à NANTES du 10 au 12 Mai 2007. Bien que calés entre 2 périodes d'élections nationales intenses, 274 personnes différentes ont participé au total à un moment ou à un autre à l'une des manifestations prévues durant ce congrès. Toutes les Sections étaient représentées. Il faut particulièrement remercier celles de nos amis d'Outre-Mer qui paradoxalement malgré la distance n'étaient pas les moins nombreux.
Les « Saints de Glace » nous ont relativement ménagé. En effet il pleuvait dru les jours précédents et la tempête ne s'est déclenchée que le jour suivant.
Les 2 réunions du 10 Mai exclusivement réservées aux discussions techniques du Bureau et du Conseil d'Administration de la Fédération ont eu lieu dans la Maison de la Mer, ancienne Capitainerie du Port, idéalement située sur le quai de la Fosse.
L'Assemblée Générale de la Fédération s'est tenue sur les bords de l'Erdre le 11 Mai à partir de 9h00 dans le magnifique Auditorium en forme d'amphithéâtre hémicirculaire du Conseil Général. Pour une fois, les micros abondaient dans la salle puisque chacun des Conseillers Généraux peut intervenir sans se déplacer de son siège.
De nombreuses personnalités assistaient aussi à cette réunion dont l'Amiral Philippe ROY Vice-Président de l'Ordre du Mérite Maritime, Mr Michel LE BOLLOCH Directeur de l'ENIM, Mr Jean François JOUFFRAY Directeur des Affaires Maritimes, Mr Patrice VERMEULEN Directeur Régional des Affaires Maritimes.
Concernant les personnalités civiles locales ont notait la présence de Mr Patrick MARÉCHAL Président du Conseil Général qui nous recevait, puis de Mme SEYSE Adjointe au Maire de NANTES, Maire de CHANTENAY et chargée des relations avec les Associations maritimes et fluviales et de Me Michel QUIMBERT Directeur du Port Atlantique.
Enfin les personnalités de la Fédération avec Mr Raymond BERTHOU Président, Mr Paul ANTONIETTI Vice-Président, Mr Claude SORBA Secrétaire Général, Mr Jean-François PICQ Trésorier National. Puis toutes les personnes responsables de la Région Bretagne-Sud et Vendée emmenées par le Président Jean LOREAU, Mr Denis COLLET Président Honoraire, Mr Jean Marie GILORY Président de la Fédération Maritime, MMrs Gérard DIORÉ, Manuel VIDAL et Michel EUXIBIE Vice-Présidents de BS-V.


L'évolution de la situation des effectifs, des finances et le rapport moral au cours de cette année écoulée ont été présentés. La traditionnelle minute de silence a été observée en l'honneur des disparus. Puis divers sujets ont été abordés. Monsieur LE BOLLOCH a exposé la situation et l'avenir de l'ENIM.
Intervention de Mr Michel LE BOLLOCH Directeur de l'ENIM
Plusieurs motions ont été adoptées dont l'une présentée par la Section du Finistère concernant le laxisme de certains pays ou Sociétés de Surveillance mandatées pour effectuer pour leur compte le contrôle des navires.
C'est ainsi qu'un navire contrôlé en Avril 2006 avec une seule remarque s'est trouvé moins de 5 mois plus tard, suite à une avarie, contrôlé à Brest avec 15 déficiences. Une progression vraiment trop spectaculaire pour ne pas suspecter les contrôleurs précédents. Le navire est encore aujourd'hui immobilisé dans ce port.
L'autre motion adoptée, demandait à l'Etat de surseoir à la vente du bel immeuble de la Place Fontenoy, symbole tellement emblématique de la Marine Marchande française et de son Administration et on l'espère de son renouveau.
Cette année était le soixantième anniversaire de l'explosion on pourrait même dire la désintégration après l'incendie du GRANDCAMP chargé de nitrate d'ammonium dans le port de TEXAS CITY. Il y eut de très nombreuses victimes Américaines, la disparition de la quasi-totalité de l'équipage et la destruction du port. Notre ami André PIERRES a évoqué ce grand drame.
Pendant ce temps, 83 visiteurs dont une majorité d'épouses se dirigeaient à pied vers la cathédrale. Deux guides nous y attendaient. La troupe se scindait alors en 2 groupes dont le 1er visitait sous la conduite des guides la cathédrale. Sa nef qui culmine à 37.5 m de hauteur est la 2ème plus haute de France. Elle abrite le magnifique tombeau du dernier Duc de Bretagne François-II. Sa fille, la Duchesse Anne, devenue Reine de France avait conçu cette sépulture pour ses parents et souhaitait y être ensevelie aussi. Mais son second époux, le Roi LOUIS XII craignant un regain séparatiste de la Bretagne s'était opposé aux dernières volontés de la Duchesse qui désirait retourner parmi ses « chers Bretons ». Les obsèques de la Reine Anne étaient parait-il solennelles dans la cathédrale de Saint Denis et ont servi de modèle à toutes les cérémonies funéraires royales jusqu'à la révolution. Quant aux Bretons, ils n'avaient eu droit qu'à son cœur dans une très belle châsse en or. Le cœur de la Duchesse a été jeté et détruit à la révolution. La châsse qui devait être fondue à PARIS a été retrouvée et se trouvait il y a peu encore exposée à NANTES dans le musée fondé par le célèbre et richissime armateur Thomas DOBRÉ.Elle est actuellement dans une salle du château, c'est à dire retournée chez elle, ce qui est davantage sa place.
Le second groupe guidé par Jean René CORBINEAU et Robert LARROSE continuait sa marche pour visiter le château récemment restauré. Ce groupe avait fait d'abord une halte devant le N° 3 de la rue Mathelin Rodier (architecte du chateau, cette rue était anciennement la rue Haute du Château). C'est dans cette maison qu'avait été arrêtée Marie Caroline, Duchesse de Berry et Belle-Fille de Charles X. Elle voulait soulever la Vendée pour faire valoir les droits de son fils sur le trône de France. En effet « l'enfant du miracle », né après l'assassinat de son père par Louvel était le dernier héritier du roi Charles-X récemment chassé par la révolution de 1830. C'était la plus forte manifestation de l'hostilité entre les Orléanistes de Louis-Philippe et les Légitimistes descendants directs de Louis XVI. Dénoncée et même vendue, la Duchesse s'était cachée derrière une plaque de cheminée de cette maison, probablement une ancienne cachette datant des guerres de Vendée. Dépités, et pour se réchauffer durant l'attente, les soldats avaient allumé du feu dans cette cheminée. Marie Caroline et ses compagnons de cavale, les vêtements déjà enflammés malgré leur tentative de refroidir la paroi en urinant, repoussant brusquement la plaque contre-coeur avaient fait irruption dans la salle et été immédiatement capturés. Cette anecdote véridique a enchanté les visiteurs qui raffolent tous de la petite histoire romanesque avec comme point d'orgue la pantalonnade, parce qu'un 2ème « enfant du miracle » naissait pendant la captivité de la Duchesse gardée par le futur Général BUGEAUD dans la citadelle de BLAYE .
Près de l'entrée du château la statue en bronze de la Duchesse Anne contemple les visiteurs. Nous avons évoqué ses mariages d'alliances et d'intéret dès l'age de 4 ans, puis de 12 ans avant que le Roi de France Charles VIII ne mette la main (pour ne pas dire le grappin) sur elle et son héritage car c'était un très beau parti qui agrandissait bien la France.
C'est aussi près du pont-levis que selon une lettre de Mme de Sévigné à sa fille, le Chevalier D'ARTAGNAN avait arrêté sur l'ordre du Roi Louis XIV le surintendant FOUQUET, Ministre des Finances qui se servait sans vergogne dans les caisses de l'état.
Dans l'enceinte du château nous avons admiré le très monumental puits et vu l'immense plaque murale commémorant la signature prétendument «irrévocable» de l'Edit de NANTES sous Henri IV en 1598, promesse qui n'a pas été respectée par son petit fils Louis XIV comme chacun sait.
Ceci montre qu'en politique les mots "irrévocable" et "perpétuel" comme en amour les mots "jamais" et "toujours" sont à employer avec précaution.
Tout à côté une autre plaque fixée en 1532, sous le règne de François 1er célèbre pourtant aussi l'union «perpétuelle» de la Bretagne et de la France.
Après le tour du chemin de ronde, occasion de nombreuses digressions sur NANTES, son urbanisme, les bras de rivière comblés, son passé maritime, la période de la traite négrière, nous rejoignions les 115 congressistes studieux qui à l'issue de l'Assemblée Générale retrouvaient leurs épouses pour un apéritif offert par le Conseil Général.
Puis tous les participants montaient dans des cars pour rejoindre la gare fluviale où nous attendait « l'Hydramour » pour un repas et une croisière sur l'Erdre.
Pendant le repas-croisière les 191 congressistes embarqués ont vu défiler les rives verdoyantes et les magnifiques demeures ou châteaux. De très nombreux voiliers ou canots à l'aviron croisaient sur la rivière si bien qu'on pouvait se demander s'ils n'étaient pas placés là par le syndicat d'initiatives dans le but de nous impressionner. Il n'en est rien, c'est toujours ainsi car il y a de nombreux clubs sur les berges de cette large rivière
Embarquement des congressistes
Jean LOREAU Président de BSV en conversation avec le Commandant de L'Hydramour
Quelques convives
L'Hydramour devant le Chateau de la Gascherie

Notre bateau devant le château de la Couronnerie
Le Président BERTHOU, Mme BERTHOU et Me Michel QUIMBERT Président de Port Atlantique
Jean LOREAU Président de BSV, à sa gauche Mr LE BOLLOCH Directeur de l'ENIM
Vue des convives vers Babord Avant
Vers l'avant dans l'allée centrale,
Discussions animées vers l'arrière tribord
Aux environs de 15h30 le bateau rejoignait la gare fluviale et les congressistes disposaient du reste de l'après midi pour se reposer ou visiter librement la ville.
Vers 20h00 les congressistes avaient rendez-vous près de la colonne Louis XVI pour se rendre en car au restaurant de la Poterie où avait lieu le repas dit « de gala » dans un château des bords de l'Erdre. Nous étions 214 pour cette manifestation.
Après l'apéritif « Nantillais »,néologisme qui désigne un cocktail mi Nantais-mi Antillais très apprécié, Jean LOREAU le Président de BSV annonçait qu'on allait procéder à la remise du Prix « Écume de Mer », prix littéraire décerné pour la 1ère fois par le Mérite Maritime, récompensant comme il se doit un écrivain maritime.
Jean LOREAU présentant l'Auteur et son éditeur
Le Président BERTHOU a remercié le comité de lecture qui a procédé à la sélection et au choix du lauréat. L'Administrateur Général GILORY et Mr MONIOT-BEAUMONT qui préside la Maison des écrivains de la Mer de Saint Gilles Croix de Vie, tous deux de BS-V, ont pris une part importante dans ce choix qui était une première. Mr BERTHOU a confirmé que ce prix serait continué. Avis aux amateurs, vous pouvez déjà prendre le départ pour le congrès de l'an prochain.
De gauche à droite : Jean LOREAU, Raymond BERTHOU, L'Auteur Mr MARÉCHAUX, L'Éditeur Mr GAULTIER, Mr MONIOT-BEAUMONT
En technicien de la question, Mr MONIOT BEAUMONT a complété les explications enthousiastes du Président BERTHOU si bien que nous avions tous hâte d'entendre l'Auteur s'exprimer et de pouvoir acheter et lire pour soi, en parfait égoïste ce petit bijou.
Mr MONIOT-BEAUMONT commentant les qualités du roman
Mr BERTHOU a alors décerné le prix (et sa récompense) à Mr Laurent MARECHAUX pour son roman « Le Fils du Dragon » Un roman d'aventure moderne prenant appui sur le style de Robert Louis STEVENSON et de Joseph CONRAD, les maîtres de ce type de roman qui avec Roger VERCEL, Edouard PEISSON, Alexandre DUMAS et Fennimore COOPER ont enchanté notre jeunesse avant qu'on ne mette les pieds sur un bateau.
Remise du pris ÉCUME DE MER à Mr Maréchaux
Le sympathiqe et talentueux Auteur Mr Maréchaux
La présentation du jeune Auteur Mr MARÉCHAUX ne nous a pas déçu et a encore attisé notre envie. Il est très sympathique, souriant, ne cachant par sa joie d'être distingué mais avec à la fois une simplicité naturelle comme un homme qui a vécu des aventures extraordinaires et, de retour chez lui, les raconte tout bonnement à ses proches. Car Mr MARÉCHAUX n'est pas un écrivain jaunâtre à force de rester penché sur ses manuscrits. Tanné, halé par le soleil et les rivalains d'eau salée, il a fait le tour du monde, franchi le Cap Horn et respiré dans ses bronches l'air vivifiant des quarantièmes rugissants. Malgré cela il est toujours lui-même et cela se voit.
Après cette présentation encore inédite pour un congrès de notre Fédération, nous avons entendu les trompes de la renommée qui ont été bien embouchées par le groupe de sonneur, "le Bien Allé", très connu dans notre région et dont fait partie notre ami Michel MORIN Président des CLC de BSV et aussi membre de notre Section du Mérite Maritime. Ce fut un grand succès car il y avait le cadre approprié du chateau et de ses dépendances, la tenue rouge impeccable des sonneurs avec ses bouton dorés et parements de velours noir, bombes et bottes noires, instruments rutilants. Même les chevaux qui paissaient tranquillement sur la prairie descendant en pente douce vers les berges de l'Erdre s'étaient rapprochés pensant probablement qu'on n'allait pas tarder à les harnacher encore.
Répétition sur la terrasse de la salle de restaurant. Michel Morin est le seul en "pékin" mais il souffle le plus fort
C'est vrai qu'il souffle très fort Michel Morin
Aubade dans la salle de restaurant. Notez que par respect, les bombes sont déposées sur un guéridon et que les dos sont tournés pour que le pavillon de leur instrument dirige la musique vers le public.
Le repas excellent, s'est ensuite déroulé dans une ambiance cordiale et détendue. Chacun profitant comme pour le repas sur l'Erdre de retrouver le contact avec des amis d'autres sections, perdus de vue depuis longtemps voire depuis le temps jadis de la scolarité des écoles de navigation ou de lointains embarquements. D'autres faisaient tout simplement connaissance et promettaient de se revoir.
La table d'Honneur avec le Président BERTHOU, l'Auteur, l'Editeur, Mr GILORY, Mr FRENEAU de Port Atlantique, Jean LOREAU Président de BSV.
Autre côté de la table d'Honneur, de gauche à droite, Mr FRENEAU, Mme LOREAU, Mr MONIOT-BEAUMONT, Mme MONIOT BEAUMONT, Mr POCREAU et Mr GILORY. Notez les bois de cerf sur le manteau de la cheminée.
Une table de Nantais et Nantaises.
Une autre partie de la salle de restaurant.
Un couple radieux.
A la fin du repas est venu le temps très attendu des dédicaces de l'ouvrage récompensé. Un attroupement s'est rapidement constitué autour de la table où officiait Mr MARÉCHAUX. On pouvait même se demander s'il y aurait assez de livres pour satisfaire tous les futurs lecteurs. Plusieurs personnes regardaient sous la table pour voir les réserves de livres. En marin avisé sachant que « trop fort n'a jamais manqué » l'Auteur ou son Éditeur avaient tout prévu et chacun a eu finalement droit à sa dédicace personnelle.
La queue pour les dédicaces.
Toujours la queue.
Pour la clôture de cette belle journée, les 3 cars ont ramené en soirée les participants vers leurs hôtels ou à proximité selon un parcours déterminé. Il fallait dormir rapidement afin d'être dispos pour la journée du lendemain.
Le Samedi 12 Mai nous étions 114 rassemblés sur le quai de la Fosse près de l'Escorteur d'Escadre MAILLÉ BRÉZÉ pour monter dans les 3 cars qui nous emmenaient vers Saint Nazaire.
Les commentaires débutaient par la vue de l'île de Nantes qui deviendra sous peu le cœur moderne de la cité. Puis le quai Ernest Renaud ainsi nommé en mémoire d'un vaillant Capitaine Cap-Hornier Nantais, sauveteur de tout un équipage Prussien. Nous traversions le Pont de Cheviré pour passer rive gauche de la Loire. Clin d'œil aux Marseillais pour leur montrer que nous avions aussi à REZÉ une cité de Le Corbusier qu'ils nomment quelquefois « la maison du fada » mais que nous appelons comme eux « la cité radieuse ».Du haut du pont, panorama sur la zone portuaire de Cheviré 1er importateur de bois en France.
Puis route vers Saint Nazaire via Pornic. Commentaires sur les péripéties des longues luttes écologistes contre les futures centrales nucléaires du Pellerin et du Carnet qu'ils ont réussi à faire avorter. Quelques mots sur la guerre de Vendée et leur chef local, le Général CHARETTE, ex Officier de la marine Royale. Puis sur le canal de la Martinière qui n'a que très peu fonctionné. Bon sujet sur le Lac de Grandlieu et ses légendes, les oiseaux migrateurs et le parfumeur GUERLAIN qui a fait don du lac à l'État pour qu'il devienne une réserve naturelle. Présentation de l'arsenal d'Indret qui après son fameux régulateur, construit toujours aujourd'hui le cœur de l'appareil propulsif des sous-marins nucléaires. Quelques mots aussi pour signaler que c'est près de là qu'a été tourné le film très touchant de Jean Loup HUBERT « Le Grand Chemin ». Nous avons évoqué l'histoire de Gilles de RAIS (ou de RETZ) Maréchal de France, compagnon de Jeanne d'Arc et qui avait tué de 2 à 300 enfants et probablement davantage, si bien qu'il passe pour être le Barbe Bleue Français. Nous étions déjà en vue de Saint Nazaire. Passage au ralenti sur le tablier du pont suspendu pour regarder le port de Montoir, les chantiers, la ville, l'amont et l'estuaire du fleuve. Enfin nous stoppions au pied de l'immense base sous-marine.
Vue aérienne du pont de Saint Nazaire
Devant cet imposant bloc de béton nous retrouvions plusieurs Nazairiens dont Michel EUXIBIE et Mr et Mme LE NAY, Organisateurs pour la partie Nazairienne et Guérandaise de notre séjour.
Nous étions donc 122 pour visiter Escal' Atlantic, c'est à dire le Musée des paquebots. Cette visite a impressionné les participants car aucun ne s'attendait à ce spectacle magnifiquement mis en scène. Même les plus blasés était étonnés. Les photos étaient interdites à l'intérieur.
Les visiteurs devant la coupée d'embarquement à Escal' Atlantic.
Vers 12h30 après avoir jeté un coup d'oeil sur les bateau de plaisance dans les starting blocks pour le départ de la course de la "Barquera". Au passage signalons que Jean LOREAU, notre Président de BSV, plaisancier émérite, a déjà gagné cette fameuse course. Nous montions ensuite dans les cars pour rejoindre le restaurant "Le France" A Saint Marc sur Mer.
A l'arrivée sur cette splendide plage nous tombions pile sur la statue de Mr Hulot scrutant l'horizon. C'est à cet endroit qu'a été tourné le mythique film "Les vacance de Mr Hulot". Le restaurant "Le France" se trouvant juste en dessous de la dalle support.
Monsieur Hulot scrutant les baigneuses. Sa pipe a disparu
Après l'apéritif offert par la Mairie de Saint Nazaire le repas des 142 convives a débuté, toujours dans la même ambiance conviviale. Notre ami Michel EUXIBIE, membre de BSV,.a plusieurs fois pris la parole pour nous commenter la cité, son histoire, son développement et ses projets. En effet, ancien Adjoint au Maire, celui ci excusé car participant à la course de la Barquera l'avait délégué pour le représenter. Il ne faut pas oublier que si la base sous-marine était intacte la ville était entièrement détruite à la libération, soit à cause des bombardements, soit en raison des combats pour libérer la « poche de Saint Nazaire » qui ne s'est rendue que quelques jours avant la fin de la guerre. Cette ville constitue un exemple rare de volonté, de travail et de courage.
Michel EUXIBIE présentant sa ville, en fond Claude SORBA, André LE NAY
D'autres commentaires de Michel EUXIBIE. En premier plan, Jean François LAGARDE
Le Président Jean LOREAU donnant des renseignements
Pas de micro, on se débrouille avec une bouteille pour attirer l'attention.
Salle de restaurant du France
En fin de repas, Mr Denis MARTINEAU, membre de BSV et jeune retraité de la Direction du chantier de Saint Nazaire en prélude à la visite de l'après midi nous a fait une très interessante explication des chantiers, de leur travail et de leur avenir. Cela donnait du regret à ceux qui n'avaient pas pu trouver place dans le car effectuant la visite du chantier, en effet nous étions strictement limités aux 50 premiers inscrits.
Mr MARTINEAU donnant des informations sur le chantier de Saint Nazaire
Debout Christian Beudon, Colette Landais, Robert LARROSE, Jean Pierre Landais.
A la fin du repas, avant de monter dans les cars soit pour visiter le chantier naval voit pour visiter la presquile de Guérande et le remblai de La Baule pour les autres, nous nous sommes retrouvés sur la dalle de Mr HULOT pour faire une photo de groupe.
Photo du groupe de la 2ème journée
Les mêmes ou presque.
Après le repas les congressistes se séparaient, les uns pour visiter le chantier naval, les autres pour visiter la ville de Guérande, les marais salants artisanaux et revenir en passant le long de la plage de La Baule.
Les 50 visiteurs du chantier naval retournaient vers la base sous marine pour y embarquer un guide car les visites indépendantes ne sont pas autorisées. En fait Mr MARTINEAU faisait partie du voyage et ses commentaires étaient ceux d'un vrai professionnel, et un passionné de son métier. Nul doute que le guide a eu avec lui la chance d'étoffer son laïus habituel débité pour des gens déjà pas très connaisseurs. Au contraire nombre de nos congressistes avaient fréquenté les chantiers et plusieurs avaient pris des navires construits justement à Saint Nazaire. C'était un pèlerinage en quelque sorte. Au retour tous les visiteurs étaient ravis d'avoir eu autant d'explications.
Quant aux 75 qui faisaient le tour de la presqu'île Guérandaise ils n'avaient pas à se plaindre des guides bénévoles occasionnels. En effet Mme LE NAY nous a détaillé toute la procédure pour produire du sel car cela ne se passe pas simplement par de l'évaporation de l'eau de mer sous l'action du vent et du soleil. Comme dans les champs des cultivateurs il y a beaucoup de travaux préliminaires que nous ne soupçonnions pas. Nous avons même eu la chance de voir un paludier au travail avec son las (râteau de bois). Était-il placé là, lui aussi par le syndicat d'initiatives. Je ne le pense tant il était captivé par son travail.

Paludier au travail dans son oeillet
Nous avons pu visiter la belle ville de Guérande, ses remparts intacts, une ville entièrement close. Pour y pénétrer en voiture, il faut avoir un badge de résident plaqué sur le pare brise. Nous avons visité la splendide église avec sa chaire donnant sur l'extérieur comme celle de la cathédrale de Nantes. Les fidèles devaient être nombreux à l'époque pour qu'on prévoit de les haranguer dehors aussi. Dans la rue principale très animée et sur la grand‘place, les visiteurs ont remarqué que la plupart des maisons, toutes en granit bien évidemment, avaient des niches pour abriter une statuette de la vierge, protectrice de la maison et de ses habitants. Ceux d'aujourd'hui tiennent beaucoup aussi à respecter cette coutume.
Les visiteurs devant la magnifique église de Guérande.
Au retour nous avons fait une halte dans un endroit bien typique des marais salants. Un groupe de hangars de stockage en activité mais qui sait faire aussi la part belle aux touristes de passage et aux marchands du temple. Certains en ont profité pour se fournir en fleur de sel de Guérande, tant vantée par la publicité.
Puis nous avons rejoint La Baule en faisant beaucoup l'escargot pour pénétrer dans ses rues étroites et encombrées en ce Samedi fin de journée. C'est que la plage de La Baule, plus belle plage d'Europe cela se mérite. Il faisait beau mais les baigneuses manquaient à l'appel. Il n'empêche que nous avons pu admirer la qualité de la plage et tout le front de mer. On compatissait sur les dernières belles villas qui sont sûrement préemptées par les promoteurs pour construire des immeubles de standing mais des immeubles tout de même. Mme LE NAY nous a aussi commenté l'aventure immobilière de ce front de mer où nul ne résiste aux gros chèques. Nous l'avons déposée au point de rendez vous non sans l'avoir encore félicitée pour la qualité de ses commentaires.
Nous avons alors repris la direction de Nantes par la voie rapide.
Petit commentaire encore au passage de Savenay pour signaler que c'est à cet endroit que s'est terminé l'aventure de l'Armée Catholique et Royale Vendéenne. En effet les Vendéens voulaient faire jonction avec les Anglais à Granville, d'autres disent que les chefs voulaient fuir en Angleterre. Ils avaient commis l'imprudence de traverser la Loire avec armes et bagages, c'est-à-dire leurs familles, une sorte de smala pour ce que l'on a appelé « La virée de Galerne ». Tout s'est bien passé jusqu'à Granville et ses remparts dont ils n'ont pu s'emparer.
Puis la retraite a commencé vers Pontorson et Dol de Bretagne où s'est tenue selon Victor Hugo « la plus grande bataille entre Français ». Au moins 20.000 morts, des charges de cavalerie victorieuses des blancs mais leurs effectifs, les chevaux, leur artillerie fondaient. Les bleus étaient mal en point aussi mais ils recevaient des renforts. Après quelques échecs c'est devenu la débandade car les bleus concentraient toutes leurs forces pour les empêcher de retourner chez eux et surtout de retraverser la Loire. Repoussés vers l'estuaire ils n'avaient plus aucune chance de traverser le fleuve trop large. Finalement ils étaient cernés à Savenay. C'était l'hallali et la curée. Très peu de Vendéens en ont réchappé. Un monument commémore cet évènement.
Petit commentaire encore au passage de Savenay pour signaler que c'est à cet endroit que s'est terminé l'aventure de l'Armée Catholique et Royale Vendéenne. En effet les Vendéens voulaient faire jonction avec les Anglais à Granville, d'autres disent que les chefs voulaient fuir en Angleterre. Ils avaient commis l'imprudence de traverser la Loire avec armes et bagages, c'est-à-dire leurs familles, une sorte de smala pour ce que l'on a appelé « La virée de Galerne ». Tout s'est bien passé jusqu'à Granville et ses remparts dont ils n'ont pu s'emparer.
Puis la retraite a commencé vers Pontorson et Dol de Bretagne où s'est tenue selon Victor Hugo « la plus grande bataille entre Français ». Au moins 20.000 morts, des charges de cavalerie victorieuses des blancs mais leurs effectifs, les chevaux, leur artillerie fondaient. Les bleus étaient mal en point aussi mais ils recevaient des renforts. Après quelques échecs c'est devenu la débandade car les bleus concentraient toutes leurs forces pour les empêcher de retourner chez eux et surtout de retraverser la Loire. Repoussés vers l'estuaire ils n'avaient plus aucune chance de traverser le fleuve trop large. Finalement ils étaient cernés à Savenay. C'était l'hallali et la curée. Très peu de Vendéens en ont réchappé. Un monument commémore cet évènement.
On a demandé quelques commentaires sur la fin du Général Charrette qui n'avait pas participé à cette folie. C'était le dernier des vendéens, son arrestation et son exécution place Viarme. Nous arrivions déjà sur le quai de la Fosse où nous nous sommes quittés à regret en promettant de nous revoir.
Pour ce congrès qui a été, on peut le dire un grand succès, on doit remercier tout ceux qui nous ont aidé et en particulier grand merci au Conseil Régional des Pays de La Loire, le Conseil Général de Loire Atlantique qui nous a magnifiquement reçu chez lui, le Conseil Général de Vendée, le Port Autonome de Nantes-Saint Nazaire, les Municipalités de Nantes et Saint Nazaire qui se sont tous mis en quatre pour nous. Pour tous merci.
Kenavo
.
Nouvelle écrite par Robert Larrose le 20 Mai 2007


PROGRAMME DU CONGRES DE NANTES
Le Congrès du Mérite Maritime 2007 se déroulera à NANTES et SAINT NAZAIRE les 11 et 12 Mai 2007.
Afin de vous familiariser déjà avec notre région, nous vous présentons ci-après une description de notre ville et du déroulement des visites prévues durant ce Congrès.
Histoire et présentation de notre cité
La création du site de l'agglomération nantaise qui vous reçevra à l'occasion du Congrès 2007 du Mérite Maritime remonte aux temps les plus anciens puisqu'on y a découvert des traces de sites paléolithiques et néolithiques, des outils, des haches et des barques monoxyles. L'installation de la population était favorisée par la confluence de quatre rivières se jetant dans la Loire à hauteur de NANTES. Les nombreuses îles et les bacs facilitaient les traversées car les premiers ponts n'ont été construits que vers l'an 1100. Selon Ptolémée cette cité, se nommait déjà Condevicnum (le Port du Confluent) puis bien plus tard Portus Namnetum (Le Port des Namnètes) d'où découle l'actuel nom de NANTES.
Vue aérienne de l'île de Nantes et des quais historiques
L'essor de la ville s'est amplifié à l'age de bronze à cause de la proximité de mines d'étain et de fer nécessaires à la fabrication du bronze et l'installation de forges au bord de l'eau. Les marchandises étaient transportées par les navigateurs Ibères ou Ligures qui remontaient en Loire, si bien que par leur intermédiaire les Phéniciens commerçaient avec NANTES. Le Marseillais Pythéas sans y être jamais venu, connaissait déjà l'existence de cette Cité.
Conquise par les Romains la ville a souvent été attaquée, quelquefois prise et pillée par les Barbares, les Francs puis les Normands. Elle a connu les querelles Bretonnes, la convoitise des Anglais et des Français, la Ligue et les guerres de religion. L'Édit de Tolérance, plus connu sous le nom d'Édit de NANTES a été signé en 1598 dans les murs de son magnifique château qui étonnait Henri IV. Plus tard elle a victorieusement résisté aux assaillants Vendéens. C'est à Nantes, pays du Général Cambronne, que des courageux ont osé manifester pour la première fois en France leur résistance à l'occupant Allemand. La ville l'a payé par l'exécution de 50 Otages. Depuis le 11 Novembre 1941, comme l'île de Sein, Vassieu en Vercors Grenoble et Paris, elle a été la première des 5 villes déclarées Compagnons de la Libération et titulaires de la Croix de Guerre.
La ville a une immense histoire maritime. Ses marins et ses navires ont répandu sa renommée autour du monde. Une nef à 3 mats, flottant sur une Loire verte, figure dans le blason de la ville et la traduction de sa devise latine est "Neptune favorise ceux qui osent"
.Le BELEM vénérable centenaire et dernier de nos grands voiliers, a été construit ici. Immatriculé à NANTES il porte haut le pavillon de notre cité dans toutes les manifestations maritimes où il se rend.
Belem amarré au Quai de la Fosse
Ce passé maritime a marqué l'architecture. Il suffit de voir les monuments, les mascarons qui décorent les façades des beaux hôtels, maison d'Armateurs qui commerçaient avec le monde entier. Les meubles de port en bois précieux et la porcelaine de Chine garnissent encore bien des demeures de leurs descendants.
Cependant la ville ne saurait se réduire à un musée fut-il prestigieux. Elle a su épouser son temps. Concernant la modernité de ses initiatives elle fait souvent la course en tête. Il y a déjà quelques années elle a initié l'élan vers des modes de transports en commun modernes, imités maintenant par tous et partout. Son université, son CHU, ses grandes écoles sont dans les tous premiers. Les jeunes se mettent au diapason puisqu'ils sont régulièrement sur le podium des meilleurs résultats au baccalauréat.
Certes les réputés chantiers navals Nantais ont laissé la place à SAINT NAZAIRE référence mondiale en la matière. Cependant tels le Phoenix ils nous ont légué en front de Loire leur vaste emplacement qui constitue au cœur même de la Cité une chance inouïe de développement et d'urbanisme. Les architectes urbanistes du monde entier sont déjà au travail pour nous offrir le meilleur de leur réflexion. A proche échéance les projets ambitieux foisonnent.
La population s'accroît, attirée par ses industries de pointe comme ses bureaux d'étude, ses usines AIRBUS, des laboratoires à matière grise ajoutée ainsi que par le plaisir de vivre dans cette région plébiscitée par les nouveaux arrivants.
C'est ce que nous vous souhaitons d'apprécier pendant le séjour trop court que vous allez passer chez nous.
Blason et armoiries de la Ville de Nantes
Journée du 11 Mai 2007
Pendant le déroulement de l'Assemblée Générale du Congrès dans l'auditorium du Conseil Général, les épouses pourront visiter les quartiers historiques. Les centres d'intérêt ne manquent pas. Comme nous nous déplacerons à pied, nous ne pourrons malheureusement n'en visiter que deux.
D'abord le Château magnifiquement restauré après plusieurs années de travaux. Au début des années 1900 un bras de Loire baignait encore les douves. Les gabarres s'amarraient sous les remparts. C'est d'ici que la Duchesse Anne est partie pour épouser successivement les deux Rois de France, Charles VIII et Louis XII. En effet depuis le désastreux divorce d'Aliénor d'Aquitaine, cause indirecte de la guerre de Cent Ans, les Rois de France harponnaient fermement les riches héritières. Même si les deux mariées claudiquaient un peu, l'amarrage de la Bretagne à la France était ensuite définitivement consacré par le mariage de la Reine Claude, fille d'Anne de Bretagne avec le flamboyant François 1er.
Vue depuis les douves de l'entrée du Château des Ducs de Bretagne.
Puis nous verrons la Cathédrale qui dans sa sobriété, est l'une des plus belles de France. On peut y admirer le splendide tombeau de François II, dernier Duc de Bretagne et père de la Duchesse Anne. Pas très loin, place du Maréchal Foch, que les Nantais s'obstinent encore à appeler place Louis XVI, se dresse la colonne surmontée d'une des rares statues en France de Louis-XVI qui ait conservé sa tête malgré les révolutions de 1830 et 1848.
Cathédrale Saint Pierre et Colonne Louis XVI
Nous rejoindrons les congressistes pour l'apéritif offert par le Conseil Général avant de nous diriger vers la gare fluviale pour le déjeuner sur l'Erdre.
En raison du peu de temps qui nous est imparti, nous n'aurons donc pas le temps de visiter l'île Feydeau maintenant en pleine terre depuis que les bras de Loire qui l'enserraient ont été eux aussi comblés. Pour vous donner envie de vous y rendre on peut signaler que les maisons d'armateurs et quelques uns des plus beaux hôtels du XVIIIème Siècle se trouvent là. C'est au cœur de cette île que Jules VERNE est né. On peut comprendre qu'ayant vécu ses premières années dans cet îlot historique, entre le Quai de la Fosse et le Château, il avait matière à garnir ici ses rêves et sa fertile imagination.
Durant le temps libre, certaines préféreront peut être se promener dans le centre ville plus animé mais tout aussi attrayant. La rue de la Fosse est célèbre, le passage Pommeraye, classé au patrimoine, a souvent été mis en valeur par les cinéastes Nantais Jean Loup HUBERT et Jacques DEMY. Place Graslin, ce dernier a utilisé le cadre classé de la brasserie La Cigale pour y tourner son film LOLA. Les belles places, Graslin et Royale, sont reliées par la rue Crébillon qui concentre les plus beaux magasins de Nantes.
Chaque ville de France s'enorgueillit d'être traversée par la plus belle rivière de France. Nous avons choisi de vous promener sur la plus belle de nos 4 Nantaises. Un beau paysage avec vue imprenable défilera lentement sous nos yeux. Peut être croiserons-nous un navibus ? Encore un moyen de transport en commun original pour ses passagers.
De nombreuses péniches transformées en floatting homes sont amarrées sur les berges. A la fin des années 1800, NANTES possédait autant de bateaux-lavoirs que Paris. Nous verrons le dernier de cette flotte, ancien cabaret branché. Nous apercevrons aussi la maison du Docteur Laennec, génial inventeur du stéthoscope. Grâce à un accord laborieux avec les riverains, l'Erdre est maintenant bordée sur ses deux berges par un chemin piétonnier.

Un bateau de l'Erdre devant le Château de la Couronnerie
Après le confluent avec le Cens nous longerons sur la rive droite le Centre des Universités dont le très avancé Centre IFREMER. Un peu plus loin, le petit village de La Jonnelière était autrefois réputé pour ses guinguettes. Le Dimanche les canotiers promenaient leur belle. Maintenant les petits restaurants sont des havres tranquilles. Toujours rive droite, se trouve le Centre d'entraînement des footballeurs du FCNA et en vis-à-vis sur l'autre rive le site du Parc des Expositions et le Stade de La Beaujoire.
Ensuite, laissant place à la verdure les habitations deviennent plus rares mais plus majestueuses aussi. C'est le territoire des nombreuses « folies nantaises », de dispendieuses demeures d'armateurs. Ils aimaient le calme, restaient proches de leurs vaisseaux mais à une distance respectable des accès de fièvre de la population. Après le pont autoroutier nous longerons sur la rive gauche Atlanpole, concentré de grandes écoles et de technologies avancées.
En face, bâti sur une ancienne tuilerie romaine, nous pourrons apercevoir le domaine de La Poterie où le soir même nous aurons notre repas de gala. Depuis la salle de restaurant, bénéficiant de leur éclairage surpuissant nous pourrons à notre tour contempler ces bateaux de l'Erdre qui feront parade devant nous. Pour l'heure nous continuerons la ballade nautique jusqu'au port de Sucé où limités par notre tirant d'air en raison d'un pont nous ferons demi tour dans la zone d'évitage.
Nous ne naviguerons donc pas plus amont dans les plaines de Mazerolles vers Nort sur Erdre. Napoléon 1er, orfèvre en matière de stratégie militaire, disait que le destin de la République s'était joué là, dans la nuit du 28 au 29 Juin 1793, grâce au courage de Meuris, chef d'une poignée de volontaires Nantais. En se portant à la rencontre des Blancs et en se sacrifiant jusqu'au dernier ils avaient retardé le franchissement de l'Erdre par le Généralissime Vendéen Cathelineau et rompu la conjonction coordonnée de l'attaque des 3 colonnes Vendéenne contre la ville. La blessure à mort de Cathelineau avait fait le reste. La ville et le port auraient été pris. Avec un port de mer accessible aux Anglais pourvoyeurs de renforts et de matériel, pendant que la France qui avait décrété « la patrie en danger » était attaquée par l'Europe entière aux frontières de l'Est, la route de Paris par l'Ouest était grande ouverte.
Ensuite comme le nom Erdre peut aussi se lire à l'envers, nous tournerons le dos à ces tumultes et ferons le chemin inverse vers la gare fluviale. Nous traverserons à pied le pont de La Motte Rouge pour prendre le tramway et rejoindre le centre ville. Après la colonne des 50 Otages, le tramway emprunte l'ancien lit de l'Erdre, maintenant comblé qui nous offre un vaste cours harmonieusement galbé. En pleine terre-ferme, les contre allées de ce cours des 50 Otages portent encore le nom des anciens quais ou ports, autrefois très actifs et fréquentés par une multitude de péniches, gabarres et caboteurs.
Le Samedi 12 Mai La Basse Loire

Le Quai des Antilles et l'Ile de Nantes vus du quai de la Fosse
Pour cette dernière journée le point de rendez-vous d'embarquement dans les cars sera sur le Quai de la Fosse, près de l'escorteur d'escadre MAILLÉ-BRÉZÉ, spécialisé dans la détection ASM et devenu musée maritime flottant. Vous aurez un aperçu de l'espace maritime historique Nantais depuis le pied de la butte Sainte Anne où montaient les épouses pour déposer un cierge dans la chapelle et voir encore un peu plus longtemps s'éloigner dans les méandres du fleuve, la mature des voiliers qui emportaient les marins.

Manoeuvre de voiliers face à l'église de ND du Bon Port
Au retour d'un voyage d'un de leurs vaisseaux à l'Inde ou à l'Orient, les armateurs et actionnaires disaient des messes d'action de grâce sous le dôme de Notre Dame du Bon Port qui domine le quai, pendant que Jean-François de Nantes et ses camarades de bordée fréquentaient les maisons du quai et des venelles adjacentes. Le célèbre quai de la Fosse, autrefois véritable forêt de mats n'est plus fréquenté que par le BELEM, les remorqueurs des Abeilles, les vedettes de tourisme et un service maritime des transports urbains mais le cœur de la Loire qui lui est intimement associé, bat et battra toujours au rythme des marées.
Belem appareillant sous grand pavois du Quai de la Fosse.
Nous franchirons le pont de Cheviré de plus de 1.500 m de long et du haut de ses 50m nous aurons un panorama complet sur la ville, l'île de Nantes et le petit village de Trentemoult pépinière des Capitaines Cap Horniers Nantais. A nos pieds, des 2 côtés de la chaussée nous dominerons la zone portuaire de Cheviré, aujourd'hui 1er importateur de bois en France. Sur la droite du pont nous aurons peut être la chance d'entrevoir l'embarquement sur une barge vers Saint Nazaire d'un tronçon d'Airbus A 380 ou encore de voir l'envol de Nantes Atlantique d'un Super Guppy emportant dans ses entrailles et vers Toulouse, le fuselage d'un autre appareil de la famille Airbus.
Sur la rive gauche de la Loire nous roulerons vers Saint Nazaire, autrefois avant port de Nantes mais qui grâce au dynamisme, à la capacité de ses habitants et à l'excellente collaboration avec Nantes a su profiter de son exceptionnel emplacement au centre de la façade Atlantique Européenne pour devenir, peut être pas le plus grand, mais certainement le plus fameux chantier naval du monde et créer un très grand complexe portuaire au trafic en constant développement et toujours plein de projets d'avenir.
Avant d'atteindre le Pont de Saint Nazaire nous cheminerons entre le Lac de Grandlieu, et le canal de la Martinière. Ce lac dont la surface double en Hiver est le plus grand de France. Il était autrefois propriété du parfumeur Guerlain qui l'a légué en 1980 afin d'en faire une des plus grandes réserves naturelles d'Europe. Depuis toujours c'est le refuge d'une multitude d'oiseaux migrateurs. Quant au canal, arrêté en 1913, il servait de dérivation pour la remontée des navires jusqu'à Nantes quand on ne pouvait techniquement pas encore dérocter le fond de la rivière.

Vue aérienne du Pont de Saint Nazaire vers les Ports de Montoir
Du haut des 60 m du Pont de Saint Nazaire, qui serpente sur 3.500 m notre vue portera à droite, sur les importantes installations des Ports de Montoir et Donges, à gauche, sur la vue de l'estuaire de la Loire, de Saint Nazaire, de son port et, tout près du pont, notre regard plongera sur les cales des chantiers et les paquebots en cours de construction.
Pont de Saint Nazaire
Nous descendrons du car au pied de l'imposante et indestructible base sous-marine. Les bombardements Alliés qui ont entièrement détruit la ville et le port n'y ont causé que des égratignures à peine plus grandes que des nids de poule. On ne peut qu'admirer le parti qui en a été tiré.
A l'intérieur de cette base, nous visiterons Escal'Atlantic. C'est la reconstitution saisissante de l'intérieur des paquebots dans le style art déco d'avant guerre. L'ambiance du Normandie est parfaitement rendue, personnel en uniforme comme à bord, coursives, cabines, vent sur le pont promenade, bruitage de la salle des machines, salle à manger, salon, passerelle, entrepont des émigrants etc… Des pièces qui feraient le bonheur des antiquaires ont été retrouvées et mises en situation. Sous cette masse de béton on s'y croirait !
Il nous faudra reprendre les cars pour rejoindre le restaurant France sur la plage de Saint Marc. C'est une plage mythique, le film de Jacques Tati « Les Vacances de Mr HULOT » a été tourné en partie dans les murs du restaurant voisin et sur la plage attenante. Une statue de Mr HULOT se trouve sur le terre-plein dominant la plage. Mais aura-t-il sa célèbre pipe ? C'est le suspense ! En effet depuis quelque temps, de mauvais plaisants la dérobent. Elle revient parfois en place. Elle ne se cassera jamais dans nos souvenirs mais un jour elle finira par disparaître pour de bon.
L'apéritif nous sera offert par la Municipalité de Saint Nazaire.
Après le repas de midi nous nous séparerons, les uns pour visiter en car le chantier de construction navale avec des commentaires d'un guide embarqué. Le carnet de commande étant heureusement bien garni, il y a toujours plusieurs navires en construction à de différents stades d'achèvement. L'idéal étant d'avoir dans les bassins à flot un paquebot proche de sa livraison pour nous donner des envies de croisières.
Pendant ce temps, les autres se dirigeront vers la cité médiévale de Guérande dont le nom vient du Breton Gwenn Rann (la cité blanche), en raison du sel constituant son immense richesse quand il servait encore de monnaie d'échange et de marchandise de contrebande.
Nous apercevrons des marais salants (les œillets) au milieu desquels les paludiers artisanaux grattent le fond avec des sortes de râteaux en bois (des las) pour récolter ce fameux gros sel gris ou la fleur de sel, le fin du fin de leur production.
Nous apercevrons des marais salants (les œillets) au milieu desquels les paludiers artisanaux grattent le fond avec des sortes de râteaux en bois (des las) pour récolter ce fameux gros sel gris ou la fleur de sel, le fin du fin de leur production.

Paludier au travail dans son oeillet
Entrant par l'une des 4 portes, nous pourrons visiter et nous promener un moment dans les rues très touristiques de la ville entourée de 1.500 m de remparts, défendus par 6 tours qui ont été, lors de leur construction, adaptées à l'artillerie naissante. De même l'église offre la particularité rare d'avoir une chaire en pierre donnant sur la place publique pour que ceux qui n'avaient pu pénétrer dans l'abbatiale puissent aussi entendre en duplex la bonne parole.
En quittant Guérande, et malgré la proximité de la Grande Brière nous n'aurons pas le temps de la visiter ce qui nécessiterait une journée entière de visite. C'est un splendide parc naturel régional avec sa faune sédentaire ou migratoire et sa flore de marais. Toutes les maisons des villages sont couvertes de chaume et on peut faire des visites en barque. Ce sera pour le programme d'un prochain congrès.
Retournant vers La Baule, nous admirerons le « remblai », c'est-à-dire la belle promenade longeant les 13 Kms de la plus belle plage ourlée d'Europe, orientée plein Sud, des palaces en front de mer, avec une vue splendide sur la mer, les roches, phares et îlots du large.
Nous retournerons à Nantes par la voie rapide d'où nous apercevrons au passage les installations de Montoir et Donges avant de nous retrouver tous sur le quai de la Fosse pour un au revoir.
Nouvelle écrite par Robert Larrose le 08 Décembre 2006


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